Edito : une fois l’orage passé, les leçons devront enfin être réellement tirées

Un édito de Gilles Toussaint.

placeholder
© AP

"Un jour, il y aura des morts. Il faut anticiper." Cette prémonition glaçante faite à nos collègues du Soir par un membre de la cellule de conseil et d’appui spécialisée dans la lutte contre les inondations en Région wallonne n’aura malheureusement mis qu’une dizaine de jours à se vérifier.

Si l’on se gardera d’établir des liens trop hâtifs entre les dérèglements du climat et les événements dramatiques que vit la Wallonie, mais aussi certaines parties de la Flandre et des pays voisins, force est de constater que nous ne sommes pas prêts à affronter des épisodes météorologiques aussi extrêmes. Épisodes que les scientifiques nous prédisent plus fréquents et plus… extrêmes.

Cette catastrophe ne se passe pas au Bangladesh, en Grèce ou en Californie, mais à Pepinster, Trooz, Liège, Rochefort, Dinant… En l’état actuel des choses, les populations touchées ne peuvent que la subir, les forces de secours tenter de la contenir et d’en limiter les victimes autant que faire se peut. La solidarité doit jouer à plein.

Mais une fois passé l’orage, les leçons devront - enfin ! - être réellement tirées et des changements structurels, fondamentaux, déplaisants parfois, mis en œuvre sans faiblir. Nous ne sommes pas maîtres des forces de la nature. Nous ne pouvons qu’agir au mieux pour éviter de les déstabiliser davantage et essayer d’en prévenir les conséquences.

Il ne s’agit pas de religion ou d’idéologie, mais de science. De regarder la réalité en face, pût-elle nous sembler improbable ou lointaine. Nous devons, c’est incontournable, changer nos modes de vie - l’occupation des sols en fait partie.

Trop d’énergie a été dépensée à trouver de mauvaises raisons de ne pas faire ce qui doit être fait. Trop souvent, les voix qui s’élèvent depuis des années pour en appeler à la raison et au principe de précaution ont été ignorées ou raillées. "Demain, je serai mort", a-t-on plusieurs fois entendu dans la bouche de certains responsables politiques et économiques peu pressés d’agir pour anticiper des difficultés de long terme.

Voilà. Nous sommes demain. Et demain ne fait que commencer.