Edito: le pire et le meilleur

Un édito de Francis Van de Woestyne.

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© AFP

Au-delà du drame que vivent les familles endeuillées, au-delà des dégâts considérables subis par ceux qui ont vu partir dans les flots déchaînés le travail d’une vie, au-delà du choc émotionnel que représente ce cataclysme qui a poussé des personnes à se réfugier sur le toit de leur maison, parfois pendant 36 heures, un élément mérite d’être souligné avec force, respect et consolation : c’est le fantastique mouvement de solidarité qui a vu le jour.

Ces élans se sont déclenchés à plusieurs niveaux. Spontanément, des voisins se sont portés au secours de personnes bloquées chez elles, prisonnières des eaux. Très vite, sur la page Facebook "Météo RTBF-Ciel partagé", des offres d’aide, par dizaines, par centaines puis par milliers sont arrivées, proposant de la nourriture, des vêtements, des chambres ou simplement du renfort pour déblayer, nettoyer. Des communes, épargnées par la pluie, ont organisé des collectes. Ainsi Koekelberg a, en quelque sorte, adopté la commune de Trooz à qui elle offrira le matériel récolté.

La solidarité s’est aussi organisée au niveau belge et international. Des pompiers sont venus de Flandre ; des renforts, par centaines, sont arrivés d’Autriche, de France, des Pays-Bas, d’Allemagne pour aider les Belges et leur apporter le matériel qui nous fait défaut. Plus tard, il faudra d’ailleurs vérifier si les coupes budgétaires n’ont pas entraîné un regrettable sous-équipement de la protection civile et de l’armée.

Plus tard. Car l’heure n’est pas à la polémique. L’heure est au courage, à celui dont les sinistrés devront faire preuve pour reconstruire et se reconstruire. L’heure est à l’effort, à celui que les pouvoirs publics devront déployer pour aider, vite et fort, les personnes qui en ont besoin. Il ne faut pas attendre une minute, une heure, un jour, pour porter secours aux sinistrés qui ont tout perdu. La mobilisation doit être générale et rapide.

Souvent il y a de quoi désespérer de la conduite des hommes. Il leur arrive aussi, heureusement, de montrer qu’ils sont capables du meilleur, surtout quand le pire arrive. En ce moment douloureux, l’entraide confirme cette belle pensée de Thomas Borge : "La solidarité est la tendresse des peuples."

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