Trouver un nouveau souffle

Un édito de Vincent Slits.

Trouver un nouveau souffle
©Belga

Le fameux barbecue organisé vendredi soir par Alexander De Croo à Brakel avec les ministres de la Vivaldi n’aura donc pas permis de débloquer le dossier, hautement complexe et idéologiquement très sensible, de la réforme des pensions. Ni dans la foulée un comité ministériel restreint convoqué samedi matin.

De nombreux points techniques doivent encore être réglés - le diable se cache souvent dans les détails - alors que les tensions ont été vives ces derniers jours entre libéraux et socialistes, les premiers reprochant aux seconds un manque d’ardeur à la tâche. Un nouveau kern pourrait remettre l’ouvrage sur le métier ce lundi soir.

L’enjeu n’est pas mince : assurer la soutenabilité financière à long terme d’un système de pensions plus juste dans un contexte, sans doute pour un bon moment, budgétairement très dégradé. Plusieurs gouvernements s’y sont cassé les dents, se contentant souvent de colmater les brèches dans ce domaine.

Le Premier ministre fait le forcing pour décrocher un accord ambitieux avant la Fête nationale. Il le sait, une menace plane sur la Vivaldi, fruit d’un compromis difficile entre sept partis : l’inertie. Car sur de nombreux très gros dossiers, l’exécutif patine : les pensions, on l’a dit, mais aussi la préparation à une future réforme fiscale, celle du marché du travail ou la prolongation des centrales nucléaires qui passe par une périlleuse négociation avec Engie.

Pour surmonter ses divisions internes, la Vivaldi a besoin de trouver rapidement un nouveau souffle. Un accord sur les pensions pourrait relancer une dynamique qui aujourd’hui donne le sentiment d’être grippée. Et permettre à Alexander De Croo, dont la méthode de gouvernement a plus d’une fois été critiquée, d’incarner avec autorité sa fonction de chef de l’exécutif.

La nécessité de marquer les esprits est d’autant plus forte que la rentrée sera chahutée pour la Vivaldi : inflation galopante, pression sur le pouvoir d’achat, hypothèques sur la croissance économique, contestation sociale… Sans oublier le risque sanitaire toujours malheureusement bien présent.

La Vivaldi a un peu plus de deux semaines pour convaincre les Belges qu’elle sait encore où elle va malgré les nombreux vents contraires.