Le chemin de croix de Rudi Vervoort

L'édito est signé Adrien de Marneffe.

Le chemin de croix de Rudi Vervoort
©FLEMAL JEAN-LUC

Bruxelles constitue, politiquement, un concentré, en plus compliqué, de tout ce que la Belgique compte de dysfonctionnel.

Au gouvernement bruxellois, des affrontements idéologiques ont vu socialistes et écologistes se déchirer sur des dossiers clés tels que la redevance kilométrique et la friche Josaphat. PS et Écolo ferrailler avec Bernard Clerfayt (Défi) sur le voile, l’abattage rituel et l’indexation des loyers. Des guerres d’ego se dérouler entre Pascal Smet et Elke Van den Brandt. Des différences culturelles surgir entre Flamands et francophones. Des groupes parlementaires prendre des libertés avec leur ministre. Des présidents intervenir dans les dossiers.

L'affaire Uber qui menace Pascal Smet vient s'ajouter à ces crises. La commission d'enquête, demandée par le PS pour faire la lumière sur les pratiques d'Uber, pourrait finalement fragiliser le gouvernement, ou du moins un de ses membres. Pour Rudi Vervoort, ce dernier mandat de ministre-Président prend des allures de chemin de croix…

Le péché originel réside dans des négociations pour la formation d’un gouvernement expédiées en deux mois, afin de maintenir le MR dans l’opposition. À ce programme trop flou, négocié par des leaders partis depuis lors, s’ajoute l’érosion du PS à Bruxelles qui exacerbe les rivalités.

Mais aussi l’inexpérience d’Elke Van den Brandt, Alain Maron ou Nawal Ben Hamou, ministres novices, quand Rudi Vervoort avait bâti une relation de confiance avec des élus madrés tels Guy Vanhengel, Didier Gosuin et Céline Fremault.

Vervoort ne peut être tenu responsable de tous les errements de son exécutif. Mais la question du manque de leadership au sein de ce gouvernement ne peut être éludée.

"Rudi abat un boulot important, mais il doit être plus assertif. Il ne s'impose pas", a dit Smet, la semaine dernière. Un autre ferait-il mieux ? Rudi Vervoort assure qu'il ira au bout de sa mission. Et Philippe Close, successeur naturel, semble peu enclin à quitter la Ville de Bruxelles pour une mission suicide. Alors, que vogue la galère ? Les dossiers s'enlisent. Les évènements récents laissent craindre, en 2024, un bilan médiocre. À moins d'un changement de cap.