Attentat à Bruxelles : une meute de loups solitaires
Un édito de Dorian de Meeûs.

- Publié le 17-10-2023 à 15h47
- Mis à jour le 17-10-2023 à 16h11

Peut-on encore longtemps minimiser le risque que représente l'islamisme radical pour nos pays occidentaux ? Deux Suédois abattus à Bruxelles, les attaques du Musée juif et de l'Athénée Léonie de Waha, les tragiques attentats de Bruxelles du 22 mars 2016, les agressions au couteau à Bruxelles et Charleroi, menace terroriste au plafond… La Belgique est régulièrement pointée du doigt pour sa légèreté face à ce phénomène. Critiques justifiées ou pas, la multiplication des actes terroristes sur notre sol démontre que le problème existe. Le danger de cette idéologie meurtrière pour notre cohésion sociale est réel et profond. Les fanatisés s'en prennent aveuglément à des innocents, des enfants, des supporters étrangers… La seule manière d'y échapper serait de ne pas se trouver au mauvais endroit au mauvais moment. Terrible échec.
Il est dans l'intérêt de tous les citoyens, comprenez musulmans, juifs, chrétiens, athées et autres, de prendre la juste mesure de ce mal et de conjurer le fait du hasard. Le djihadisme est à la fois religieux, politique et violent. L'histoire, sans cesse renouvelée, du "loup solitaire" rassure et apaise… mais ne cache-t-il pas une meute ? Ne pas reconnaître le nombre des radicalisés, pour mieux les combattre, alimentera les extrêmes. Ne pas agir contre l'intégrisme, c'est offrir à ces terroristes un champ d'action inespéré. Ne pas le dénoncer, c'est entretenir ce terreau fertile.
Tant de questions restent sans réponse. La coordination entre l'Office des Étrangers et les autorités communales et policières est-elle désastreuse ? Pourquoi une rencontre sportive avec la Suède n'était-elle pas perçue comme "à risques", malgré les nombreux reproches d'États islamistes contre ses législations en matière de liberté d'expression et droit au blasphème ? Notre pays a-t-il relâché l'attention sur ce radicalisme à la faveur de la lutte contre les mafias de drogues ? Les failles de notre politique migratoire serviront-elles encore longtemps le dessein de ceux qui veulent nous frapper ? La Région bruxelloise doit rapidement mettre en place un parcours d'intégration pragmatique, ferme et efficace. Dans le même temps, une personne qui doit être expulsée, doit aussi l'être concrètement dans le respect de notre État de droit. Nos autorités belges et françaises ne peuvent pas se limiter à rédiger des "fiches" sur chaque radicalisé. Nos renseignements doivent avoir les moyens de les suivre, de les interpeller et de les expulser s'ils sont dans l'illégalité sur notre territoire. Enfin, les foyers de radicalisme doivent être neutralisés, à commencer par les prisons où certains fanatiques sortent encore plus déterminés à passer à l'action.
L'actualité au Proche-Orient jette de l'huile sur le feu. Les manifestations haineuses, jusqu'au cœur de la capitale, ne sont pas tolérables. C'est une évidence, regrettable mais inévitable. Le feu couvait, contre les Juifs d'abord, mais aussi contre les valeurs et libertés défendues par nos démocraties. Par essence, nos démocraties sont plus fragiles que les dictatures. Elles ont – malgré tout – les outils appropriés pour combattre l'islam radical, protéger les citoyens, faire appliquer les décisions administratives… Nous devons les utiliser de manière efficace et déterminée.