Un État palestinien, mais quel régime politique ?
Un édito de Dorian de Meeûs.

- Publié le 22-05-2024 à 21h01
- Mis à jour le 23-05-2024 à 08h57

Depuis octobre, l'horreur vécue au Proche-Orient soulève une vague d'émotion à travers le monde. Cette guerre tragique, c'est le groupe islamiste Hamas qui l'a déclenchée contre Israël et ses citoyens. Cette opération terroriste aussi spectaculaire que sanglante fut le paroxysme de la barbarie. Les violences sexuelles, les centaines de prises d'otages israéliens et les milliers de roquettes ciblant les civils n'ont fait que prolonger la douleur des victimes et intensifier le clivage entre les différentes parties au conflit. Cette guerre terroriste et la riposte de l'État hébreu, dont l'extrême intensité gêne jusqu'à ses plus fidèles alliés, ont remis à l'avant-plan le conflit israélo-palestinien dans un monde où les déséquilibres géostratégiques se multiplient.
L'histoire a démontré qu'il n'y aura jamais de paix sans un grand accord équilibré et reconnu internationalement. Au-delà de cette certitude, le moment où cette reconnaissance doit avoir lieu doit être sous-pesé. Évitons une décision prise dans la précipitation ou dans un flot d'émotions suscitées par les nombreuses victimes civiles de Gaza. Il serait gravissime qu'une telle reconnaissance puisse être perçue comme une victoire pour le Hamas. Pire, comme une récompense pour son opération barbare. Impensable aussi qu'Israël doive vivre ce tournant historique comme une ultime humiliation. Plus que jamais, les dirigeants du monde qui appellent à la reconnaissance de la Palestine doivent condamner le Hamas avec fermeté et exiger la libération immédiate de tous les otages israéliens et la fin de l'objectif d'extermination d'Israël. Sans ces prérequis, aucun cessez-le-feu ne sera acceptable.
Enfin, comment reconnaître l'État palestinien, actuellement contrôlé par plusieurs groupes terroristes, sans même savoir qui dirigera demain ce voisin d'Israël ? L'État hébreu ne pourra légitimement et raisonnablement accepter qu'un pays reconnu soit dirigé par une branche du Hamas ou d'autres terroristes, sous le parrainage de l'Iran, qui n'auront que l'extermination d'Israël et des Juifs en tête. Œuvrer pour la paix, c'est s'assurer des conditions d'une démocratie palestinienne réelle, d'un vrai accord sur les territoires et d'une reconnaissance authentique des deux côtés d'une paix durable. Autant de conditions qui ne se négocient pas au 16 rue de la Loi ou dans d'autres capitales occidentales, ne soyons pas des apprentis sorciers.