Plus de 300 000 vues sur Internet. À peine diffusé, le documentaire Ceci n’est pas un complot fait un carton. Son réalisateur retrace le traitement médiatique du Covid. Il "dénonce" une manipulation de masse en vue d’instaurer un régime liberticide à partir d’omissions, de mensonges, de manipulations et d’informations sensationnalistes. Le récit médiatique, selon son auteur, masquerait intentionnellement la responsabilité politique du désinvestissement structurel dans les soins de santé. Que ce fait ait en réalité été pointé du doigt dès le mois de mars par la presse écrite et audiovisuelle semble lui avoir échappé…

Le documentaire questionne aussi sur les conflits d’intérêts de groupes pharmaceutiques et de sociétés de consultance. Il s’interroge, bien, mais il ne démontre rien. Des questions, aussi dérangeantes soient-elles, n’égalent pas des réponses. Chaque fait ou déclaration est interprété selon une même grille de lecture, formant un amalgame confus qui contribue à semer un peu plus le doute au sein d’une partie de la population déjà légitimement à bout.

Le risque de saturation des hôpitaux dépasse la question du nombre de lits, il touche à l’ensemble de l’économie de la santé (formations, effectifs, matériel et spécialités). L’enjeu s’avère nettement plus complexe que les constats sans nuance. Bizarrement, le documentaire n’évoque pas l’effet exponentiel des contaminations et son taux de létalité chez les plus de 65 ans, soit les vrais dangers du virus à l’origine du confinement. Ce film orienté met tous les médias dans le même sac, ignorant la pluralité des traitements. Il suffit pourtant de relire les éditoriaux publiés depuis un an pour reconnaître que nombre de manquements ont été dénoncés à tous les étages.

La presse a plus souvent qu’à son tour mis en évidence les vives discussions entre experts, observateurs et citoyens. Des plus alarmistes aux plus optimistes, les experts ont reçu la parole et alimenté les débats. Enfin, les conséquences désastreuses du confinement font souvent la une.

Au quotidien, chaque rédaction se remet en question. Les journalistes n’ignorent pas, quoi qu’on en pense, qu’ils ne sont pas infaillibles. Nous recoupons informations et rumeurs et dénonçons régulièrement l’absence de débats parlementaires sur les mesures liberticides. Notre engagement reste d’informer au mieux les citoyens sur un coronavirus inédit, que les scientifiques eux-mêmes ont découvert en temps réel. Telle est l’essence de notre travail que nous réalisons avec humilité, honnêteté, rigueur et prudence.