Edito

Un camion a foncé sur la foule, rassemblée sur la Promenade des Anglais, à Nice. Le conducteur a été abattu. Bien sûr, la prudence s’impose dans les analyses. Mais les autorités ont très vite évoqué la piste d’un attentat. On savait en effet qu’ils frapperaient encore. Où ? Quand ? Comment ? 

Les pays visés avaient multiplié les dispositifs dans l’espoir, vain, de protéger leur population contre les attaques terroristes. Mais rien n’y fait. La barbarie aveugle parvient encore et toujours à s’immiscer. 

La litanie des villes martyres s’allonge. Paris, encore Paris, Bruxelles, Istanbul, à plusieurs reprises… C’est à présent Nice qui a été le théâtre d’une attaque particulièrement sanglante, d’un mode opératoire nouveau. Un camion a foncé dans la foule et a tué au moins 60 personnes et blessé des dizaines d’autres. La symbolique de cette attaque sanglante est forte. 

Les terroristes ont frappé la France le 14 juillet, jour de sa fête nationale, alors que le feu d’artifice venait de se terminer. Ironie du sort : le président français, François Hollande avait, dans sa traditionnelle intervention télévisée du 14 juillet, souligné l’efficacité des mesures prises. Et la France s’apprêtait à abandonner l’état d’urgence à la fin de ce mois. On savait la France visée. Plusieurs projets d’attentats avaient été déjoués sur le sol français et à l’étranger. 

Malgré cela, la France avait, à raison, maintenu plusieurs manifestations d’envergure : COP 21 et surtout l’Eurofoot pour lequel les craintes sévères avaient été formulées. Cet attentat de Nice est ignoble, odieux, insupportable comme le sont tous les actes commis par ces porteurs de morts. L’auteur a-t-il agi au nom de l’État islamique ? 

L’organisation a perdu beaucoup de terrain ces derniers temps et des villes importantes. L’attentat de Nice vient rappeler au monde que le terrorisme peut encore et toujours frapper là où on ne l’attend pas. Même si cela est difficile, il ne faut pas céder à la panique. Il faut continuer à vivre mais il faut s’habituer et accepter de vivre avec des taux élevés de sécurité. 

Sinon, abandonner, renoncer, plier, ce serait déjà leur accorder une victoire. Enfin - il faut le répéter chaque fois - évitons les amalgames. Cet acte, par sa violence, son abjecte brutalité, semble porter la signature de l’État islamique. Même s’ils disent agir au nom d’un dieu, ces terroristes ne sont rien d’autres que des criminels.