Un édito de Patrick Van Campenhout.

La BNB et la FSMA, soit la Banque nationale et l’autorité contrôlant les produits d’investissement, ont publié un communiqué de presse relatif aux monnaies virtuelles de type Bitcoin. 

"Alerte !", disent les deux organes de contrôle du monde financier belge, qui assurent suivre le dossier. Ces monnaies virtuelles sont dangereuses en effet. Non régulées, non assurées, elles ne sont acceptées que dans certains cadres, sur des sites Internet, et par des utilisateurs avertis. La contrepartie en argent "officiel" n’est pas assurée. De plus, les variations de cours relatives aux devises officielles sont très importantes, à la hausse comme à la baisse, ce qui attise la convoitise des spéculateurs. 

Le mécanisme de création de cette valeur d’échange est lié à un algorithme complexe mais il n’existe aucune contre-valeur permettant d’espérer, le cas échéant, une monétisation en cas de crash ou de piratage du système. "Même en vous triturant les méninges, vous ne trouverez pas de système permettant d’imaginer une valeur intrinsèque à cette monnaie", expliquait début décembre Alan Greenspan, ex-Président de la Réserve fédérale américaine. A 87 ans, l’ancien banquier central américain s’était déjà largement renseigné sur cette monnaie virtuelle, et était capable d’émettre à son propos un avis péremptoire. 

"Greenspan Says Bitcoin a Bubble Without Intrinsic Currency Value", titrait Bloomberg avant les fêtes de fin d’année. Les têtes pensantes de la BNB et de la FSMA ont donc mis… un certain temps à voler au secours de l’investisseur belge inconscient. Soyons donc prudents et ne comptons… que sur nous-mêmes.