Edito

Un édito de Francis Van de Woestyne.

Toutes les justifications économiques, fiscales, numériques avancées par les dirigeants de la banque ING ne suffiront pas à apaiser la colère, totalement légitime, du personnel de la banque néerlandaise. Car il y a, dans cette restructuration, des éléments particulièrement choquants.

Dans la manière, tout d’abord. Il n’y a sans doute pas de bonne méthode pour annoncer une restructuration qui touche 3 158 emplois. Mais on connaît désormais la manière la plus brutale, la plus cynique qui soit : c’est celle utilisée par les patrons d’ING. Vendredi, le big boss écrivait même dans un mail : "Exciting things are happening"("des événements excitants se produisent"). Etre la première banque européenne, le projet d’ING, constitue en effet un beau défi. Mais la décence eût voulu que le CEO compatisse un instant avec les personnes licenciées. D’autres entreprises du secteur, confrontées aux mêmes impératifs, ont réussi à gérer, avec humanité et intelligence, leur restructuration tout en maintenant ouvert le dialogue avec les représentants du personnel.