Paris 7 janvier. 11 heures. Deux hommes débarquent dans les locaux de Charlie Hebdo. Et tuent, massacrent, assassinent. Froidement, cruellement. 12 personnes tombent. Des journalistes. Des policiers. Puis les tueurs se fondent dans Paris. L’horreur, la barbarie. Cette attaque est, dans son impact, sa violence, aussi importante que celle qui a frappé New York le 11 septembre 2001. Demain, dans 8 jours, dans un mois, d’autres terroristes frapperont. Au nom d’un dieu, d’un prophète dont ils tordent le message.

Car la piste islamiste semble être privilégiée.

Que faire ? Nous sommes en deuil. Nous qui voulons vivre dans une société de liberté, de tolérance, d’égalité, de justice. La première erreur serait de généraliser à l’ensemble des musulmans des pratiques d’une poignée de fanatiques qui ne respectent rien. Il faut traquer ces tueurs, les arrêter et les juger. Sévèrement. Si nous ne réagissons pas, il n’y aura jamais de trêve. Car la guerre qu’ils ont déclarée est menée au nom d’une idéologie qu’ils ont réécrite et fanatisée. 

Que faire ? Partir en guerre servirait finalement le dessein des auteurs de l’attentat : la haine ne peut être la réponse à la haine. Mais la naïveté non plus. La fermeté s’impose à l’égard de tels barbares et de ceux qui les soutiennent. A l’étranger mais aussi dans nos pays. Ceux qui ne sont pas prêts à respecter nos valeurs d’égalité, de fraternité n’ont pas leur place ici. Les autres oui. Evitons donc tout amalgame. Et pour clarifier les positions, faisons en sorte que tous les démocrates dénoncent ces actes. Tous les démocrates, y compris les musulmans modérés appelés à se lever et refuser, tout haut, les dérives dans lesquelles leurs "frères" essayent de les entraîner. Cet attentat est particulier car il vise des journalistes. S’attaquer à la presse, aux humoristes, c’est toucher à l’un des fondements de la démocratie. C’est vouloir faire taire les voix, casser les plumes et les crayons qui, précisément, dénoncent l’obscurantisme. Nous nous sentons plus que jamais solidaires de "Charlie Hebdo", des journalistes, de leur famille, de leurs proches ainsi que des policiers, tombés dans l’exercice de leur métier. 2015 commence dans la violence, le deuil, la barbarie. Plus que jamais, les démocrates lucides doivent se serrer les coudes, rester unis, vigilants et fermes face à un danger commun : le fanatisme religieux et l’extrémisme radical.