"Quoi ? Comment ?! Qu’est-ce qu’il a dit ?!!" Certains sénateurs du Peuple de la liberté (PDL) n’en ont probablement pas cru leurs oreilles. "Nous avons décidé, non sans débats internes, de voter la confiance", venait pourtant de dire Silvio Berlusconi, sous leurs yeux. Leur PDL était fondé, bâti, aménagé à la seule gloire du "Cavaliere". Eux-mêmes étaient dévoués corps et âme. Ils levaient la main et pressaient les boutons sur demande. Leurs consciences sommeillaient la plupart du temps, s’éteignaient dans les moments clés, de plus en plus régulièrement donc.

Ils ont ignoré les accusations fiscales, pénales et morales, les modifications légales taillées sur mesure pour le boss, le désaveu de certains alliés puis des marchés, la démission inéluctable, les condamnations susceptibles de recours puis celle devenue définitive. Sans même parler des injures, outrages ou intimidations.

Sans la moindre gêne, sans la moindre hésitation, sans la moindre indépendance, sans la moindre liberté.

Jusqu’à mardi.

Enfin il s’est trouvé des parlementaires de son camp pour rassembler leur courage, inspirer un grand coup et s’émanciper de celui sur le nom duquel ils sont élus. Un nom que l’Histoire devrait oublier.

Car c’est bien de cette assise populaire qui a donné 91 sénateurs au PDL en février dernier que provient la puissance de Berlusconi. Ses grimaces, frasques, humeurs et jérémiades avaient transformé le monde politique italien en un gigantesque cirque. Jusqu’à ce que qu’un homme prenne le glaive des mains de Silvio l’invincible : Angelino Alfano. Il reste à ce Brutus à imposer son nom aux millions d’Italiens qui attendent une amélioration de leur quotidien.