Il s’appelait Thomas. A dix ans, un cancer vicieux l’a emporté, après quatre années d’un combat acharné, d’éprouvantes opérations suivies de chimiothérapies, de nausées, de cheveux qui tombent et repoussent, d’école forcément buissonnière, d’espoirs cruels douchés par ces tumeurs qui avaient accroché leurs racines dans son ventre. Dix ans, ce n’est pas un âge pour mourir. Ce n’est pas un âge pour souffrir, non plus. Les derniers jours ont pourtant été terribles pour lui et pour ses proches. A un fil de l’au-delà du supportable. Ses parents lui avaient dit : si ça devient vraiment trop dur, on t’aidera à partir. Un médecin était prêt à lui donner la mort douce.

Thomas n’a rien demandé. Il est mort un matin. Pour lui, une extension aux mineurs de la loi sur l’euthanasie n’aurait rien changé. Mais il arrive que des enfants qui se trouvent, comme lui, dans une situation médicale sans issue et souffrant de douleurs inapaisables, veuillent mourir un peu plus vite. Des pédiatres, des intensivistes, des oncologues, venus témoigner devant les sénateurs, ont expliqué que dans certains cas, on répondait à ces enfants et qu’on leur administrait des substances létales qui accélèrent ou causent le décès.

Faut-il, pour autant, réglementer cette pratique, en élargissant la loi de 2002 dépénalisant l’euthanasie aux mineurs capables d’apprécier raisonnablement les conséquences de leur demande ? Non, nous ne le pensons pas. Où serait l’urgence ? Où serait la nécessité ? Il s’agirait juste d’une loi-symbole. Ces cas, douloureux à l’extrême, restent exceptionnels. Aujourd’hui, les médecins prennent déjà leurs responsabilités après un dialogue avec leur petit patient et ses parents. Et aucune plainte n’a jamais été enregistrée.