Un édito de Christophe Lamfalussy.

Depuis le 23 août, plusieurs responsables occidentaux, dont le Britannique William Hague, affirment qu’il y a peu de doutes” que les armes chimiques qui ont tué le 21 août plus d’un millier de personnes dans la banlieue de Damas ont été lancées par le “régime Assad . Depuis, les roulements de tambour se font entendre et Moscou avertit les Etats-Unis de conséquences extrêmement graves en cas d’intervention militaire contre Damas. Jusqu’à ce jour, pourtant, aucun de ces dirigeants n’a apporté la moindre preuve de l’implication du régime de Bachar al Assad dans ce crime contre l’humanité.

Nous analysons les données du renseignement. Et nous réunirons les faits, a promis lundi le secrétaire américain à la Défense, Chuck Hagel.

Apporter les preuves est un préalable à toute intervention militaire, ne fut-ce que pour convaincre une opinion publique très réticente, aussi bien aux Etats-Unis qu’en Europe.

Ce ne sera pas chose facile. Le premier massacre du marché de Sarajevo en 1994, le massacre de Racak au Kosovo en 1999, l’alibi des armes de destruction massive en Irak en 2002, brandis pour justifier une intervention militaire, furent âprement contestés, y compris entre experts de l’Onu. Ce n’est que plus tard que la vérité fut établie.

A l’heure où cet édito est écrit, seul un faisceau de présomptions pointe le doigt vers le régime de Damas. C’est loin d’être suffisant dans un pays qui compte quatre services de renseignements, des milices, des rebelles, et fait l’objet de multiples interférences étrangères. La prudence, ici, n’est pas une marque de faiblesse. Elle est la première étape.