Un édito de Jean-Claude Matgen.

Les tragiques attentats terroristes commis à Paris, le climat d’insécurité qui règne en Belgique depuis qu’une bande de jihadistes a été démantelée à Verviers ont donné l’occasion d’en appeler au sens des responsabilités de tout citoyen. Oui à la liberté d’expression, non aux provocations, à la stigmatisation des communautés et aux amalgames, scandent ceux et celles qui tentent d’éviter le pire.

Ce message ne passe pas auprès de certains. Fallait-il réunir une belle dose d’imbécillité et d’inconscience pour déployer, dans le stade de Sclessin, ce "tifo" (grande banderole) montrant Jason Vorhees, le héros de "Vendredi 13", une série télé "gore", tenant une machette ensanglantée dans une main et dans l’autre, à côté de la mention "Red or Dead", la tête décapitée de Steven Defour, joueur passé du Standard à Anderlecht, deux clubs qui se rencontraient dimanche.

Ce n’était pas une faute de goût. C’était, dans le contexte actuel, une provocation honteuse. Comment admettre que cette banderole ait pu être amenée dans les tribunes; qu’une fois déroulée, elle n’ait entraîné aucune réaction de la part des dirigeants du Standard, des membres de l’Union belge présents au stade ou de l’arbitre; que le match se soit poursuivi comme si de rien n’était ?

Il paraît qu’il n’existe pas de règlement visant de tels comportements. La Fédération… va voir quelles mesures elle est à même de prendre. Rappel : lorsque des supporters flamands avaient chanté à tue-tête "et les Wallons sont du caca", elle n’avait rien trouvé de mieux que de punir un dirigeant de club qui avait osé monter sur le terrain pour protester comme ces chants haineux. Il ne faut donc rien espérer de ce côté-là.