Edito

L’hyperlaïcisation voulue par certains responsables politiques, par certaines associations, conduit parfois à des outrances. Ainsi, la Fapeo, l’association de parents de l’enseignement officiel, a mené, cet été, une campagne de sensibilisation - comprenez de pression - afin que les parents choisissent pour leurs enfants deux heures de cours de citoyenneté et de philosophie et abandonnent ainsi le cours de religion ou de morale. 

Mais où est le problème ? Depuis la vague des attentats meurtriers commis "au nom de l’islam", une confusion est savamment entretenue, attribuant à l’unique fait religieux la responsabilité de la radicalisation de certains jeunes. Il faudrait dès lors le radier de la vie scolaire. C’est tout le contraire. Pour éviter que le radicalisme ne gangrène les religions, il est indispensable de favoriser l’apparition d’un islam européen, enseigné par des imans formés ici, contrôlés par l’autorité publique. 

Car aujourd’hui, l’islam prêché dans les mosquées belges - financées par les pays étrangers - échappe à tout contrôle. Récemment, un professeur de religion islamique racontait qu’il devait régulièrement corriger les inepties entendues par des élèves fréquentant la mosquée : dans l’une d’elles, on affirmait que la Terre ne tournait pas autour du soleil. Et que la femme n’était pas l’égale de l’homme. Plutôt que de vouloir évacuer les religions, il faut, au contraire, les maintenir dans les écoles et favoriser dans les cours de toutes les religions, des programmes (validés par les autorités politiques) de comparaison entre les religions, des initiations à la philosophie afin de développer, auprès des jeunes, l’esprit de tolérance. Les cours de religion sont le moyen de prédilection pour développer une pensée religieuse intégrée dans la culture européenne. Y renoncer, c’est se priver d’un moyen essentiel d’assurer la coexistence harmonieuse entre les citoyens.