Un édito de Vincent Braun.

La proposition de la Russie de mettre sous contrôle international les armes chimiques syriennes a surpris tout le monde. Elle consacre le retour vers les sphères diplomatiques. Elle rouvre (un peu) la porte à une solution politique au conflit syrien, la seule possible aux yeux des plus sages mais qu’il était difficile à entrevoir dernièrement tant on imaginait déjà le ciel syrien strié par le feu des missiles.

Mais ne nous leurrons pas : cette initiative politique n’aurait assurément pas pu être formulée sans qu’un retour à l’équilibre de la terreur armée ne soit opéré. Autrement dit, la pression créée par la menace des frappes que proposaient de mener Américains et Français contre la Syrie a contrebalancé la pression que les autorités syriennes étaient censées avoir mise grâce à l’attaque chimique du mois dernier.

Le rapport de force doit être maintenu, bien que Damas se dise favorable à dévoiler ses armes chimiques, cesser leur production et montrer ses installations aux représentants de la Russie, d’autres pays et de l’Onu.

Il est trop tôt pour crier victoire (quelle victoire dans un conflit qui a fait plus de 100 000 morts ?) ou pour saluer le retour sur le terrain de la légalité internationale.

Après deux ans et demi de conflit, les autorités syriennes ont toujours fait ce que bon leur semblait, louvoyant, concédant, se ravisant.

La différence aujourd’hui est que la situation s’est radicalisée comme jamais. La menace des armes chimiques existe, tout comme celle des frappes militaires. Toutes deux demeurent. D’ailleurs, des sénateurs américains se sont lancés dans la rédaction d’une version modifiée de la résolution autorisant le recours à la force contre la Syrie, dans le cas où la neutralisation des armes chimiques syriennes n’aboutirait pas. Histoire de conserver au moins un coup d’avance. Et de l’annoncer.