Edito

Le tribunal de première instance de Milan a condamné Silvio Berlusconi à sept ans de prison et à l’interdiction à vie d’exercer un mandat public pour abus de pouvoir et prostitution de mineure. Que faut-il de plus pour achever la carrière politique de Silvio Berlusconi ? Peut-être le verdict de son procès en cassation à l’automne prochain dans une affaire de fraude fiscale pour laquelle il a été condamné en appel à un an de prison et cinq ans d’interdiction d’exercer toute fonction publique. Autant dire que celui qui se proclamait le "Jésus de la politique" est dans un sale linceul.

Et pourtant, il bouge encore. On l’avait déjà enterré fin 2011 avec la chute de son gouvernement suite à la "trahison de judas" de son parti. Mais il avait ressuscité et, en trois mois, miraculeusement multiplié les voix aux dernières législatives. Au point qu’aujourd’hui, associé minoritaire du gouvernement, rien ne l’empêche de le faire chuter quand bon lui semble. Car jamais Silvio Berlusconi n’a été mieux protégé que quand il édictait lui-même les lois qui l’empêchaient de passer par la case prison. Le jeûne du pouvoir et l’espoir d’une rémission de ses péchés pousseront-ils le "Cavaliere" à succomber à cette dernière tentation électorale ?

Il pourrait ainsi déverser sa bonne parole dans ses médias et plaider qu’il a été crucifié par une justice "communiste" et qu’il n’assiste qu’à des Cènes et non à des orgies bunga bunga tarifées. Les Italiens pourraient-ils à nouveau se laver les mains face à un faiseur de miracles aux mains sales ? Ce peuple de pécheurs l’a déjà élu et réélu. Les voix des Italiens sont impénétrables.

Edito de Bruno Fella