De wet is de wet" . La secrétaire d’Etat en charge de l’asile, Maggie De Block (Open VLD), ne cesse de répéter que "la loi, c’est la loi !" pour justifier le refus d’accorder l’asile aux ressortissants afghans. La Belgique leur dit "non" ou "nee", notamment parce qu’elle considère que les intéressés sont issus d’un district assez sûr pour ne pas risquer d’être victime de violence. Même si le Haut-Commissariat pour les réfugiés des Nations unies juge que le conflit est volatil et qu’une région considérée comme sûre aujourd’hui peut ne plus l’être dans quelques semaines ou quelques mois.

Mais soit. Le gouvernement belge estime donc que l’Afghanistan - pays dans lequel la Belgique est engagée militairement - ne se trouve pas dans une situation de conflit armé sur tout le territoire et qu’il n’est pas déraisonnable d’y renvoyer des gens. Mais il ne pousse pas sa logique jusqu’au bout (preuve qu’il la sait boiteuse ?) : seuls des hommes seuls sont, de temps à autre, effectivement mis dans un avion à destination de Kaboul. Les familles ne sont pas éloignées. Ni accueillies. Ce moratoire de fait sur les expulsions ne leur accorde aucun droit (ni à un logement, ni à un travail…) et les condamne à l’illégalité. Aujourd’hui, 450 Afghans (sur)vivent en Belgique dans des conditions inhumaines. Ils dorment dans une église glaciale, mangent ce que de braves gens leur apportent, se lancent dans des marches à travers la Belgique pour tenter de faire valoir leurs droits.

"De wet is de wet." On est bien d’accord. Appliquons-la donc aux Afghans. La protection subsidiaire est inscrite dans la loi de 1980 sur l’accès au territoire. Elle permet d’octroyer un séjour d’un an aux étrangers qui ont besoin de protection "en raison d’une violence aveugle en cas de conflit armé interne ou international" dans leur pays.