L’Europe a transmis ses recommandations aux Etats. La Belgique les attendait, tremblante, craignant une amende pour déficit excessif au cours des trois dernières années. Verdict ?

1. La Belgique échappe à cette amende. Elle eut été injuste. Parce que le déséquilibre a été provoqué par des éléments extérieurs (la crise bancaire), puis des éléments "indépendants de notre bonne volonté" (la crise politique de 541 jours). Et depuis que le gouvernement Di Rupo est en place, des mesures structurelles ont été décidées. L’Europe, d’ailleurs, accorde aux Etats un délai supplémentaire pour le retour à l’équilibre. L’austérité aveugle dans laquelle elle s’entêtait était totalement destructrice.

2. Tout baigne, alors ? Non. La Belgique est appelée à poursuivre ses efforts pour rejoindre l’équilibre et réduire l’incommensurable dette (100 % du PIB). Est-ce impossible ? Inhumain ? Non car cette trajectoire était déjà inscrite dans le programme de stabilité. Elle nécessitera des efforts (1 milliard en 2013 et 2,2 milliards en 2014). La fin du tunnel est encore loin. Il appartient à l’équipe Di Rupo, mais aussi aux entités fédérées, de prévoir des efforts "justes".

3. La Belgique ne peut balayer d’un revers de la main les autres recommandations (index, pensions, marché du travail). La Belgique doit aussi éviter ce bonnet d’âne : elle est avant-dernière de l’Union pour le taux de pénétration de l’Internet à haut débit. C’est nul !

4. L’Europe voit les pailles nationales. Elle devrait aussi examiner sa poutre. En aidant les Etats par une gestion plus collective des dettes et une lutte concertée contre la fraude, elle pourrait alléger le fardeau des pays. En lançant une sorte de "new deal", elle pourrait lancer des programmes destinés à soutenir les emplois des jeunes.

Édito de Francis Van de Woestyne