Dans quelques jours, la Chambre votera le projet de loi qui étend, sous certaines conditions, l’euthanasie aux mineurs. Afin de sensibiliser les consciences, l’archevêque André-Joseph Léonard a décidé d’organiser une journée de jeûne et de prière. Certains ont jugé cette initiative déplacée. 

1. La Belgique est une démocratie parlementaire. Le peuple est souverain. C’est au Parlement, où siègent les élus de la Nation, que se conçoivent les textes législatifs et que se discutent les projets rédigés par les membres du gouvernement. Ce processus législatif ne peut être entravé par aucun groupe, aucune association. Les lois, votées selon des majorités définies dans la Constitution, s’appliquent à tous. 

2. Il est cependant tout à fait légitime, pour qui désire manifester une crainte à l’égard d’un texte en préparation, de s’y opposer par tous les moyens démocratiques possibles. Et l’on reste éberlué devant les protestations des partisans de la loi élargissant l’euthanasie aux mineurs. Selon eux, l’Eglise belge ferait preuve d’une ingérence inacceptable dans ce débat. Où sont les intolérants ? Pourquoi l’Eglise ne pourrait-elle donc pas intervenir dans un débat aussi sensible ? L’Eglise considère que ce texte heurte ses convictions. Elle n’est pas la seule. Le monde médical est divisé. Des pédiatres ont expliqué, il y a deux jours dans "La Libre", en quoi la loi en préparation était inutile et précipitée. C’est aussi notre sentiment. 

3. En France, les lois à caractère éthique ont provoqué une profonde division de la société. En Belgique, ces évolutions ont eu lieu grâce à l’incroyable maturité démocratique des citoyens. C’est notamment parce que l’Eglise a choisi des modes de protestation "doux", sans aucun radicalisme, que le débat est resté serein.