La SNCB doit faire face à des défis énormes à court terme, à moyen terme et à long terme : la réforme des structures du groupe, à accomplir pour le 1er janvier prochain, va occuper tous les esprits dans les prochaines semaines, le passage de trois à deux entreprises pose en effet des problèmes d’une complexité inouïe. Il reste, en gros, trois mois. C’est très peu, c’est trop peu. 

Le plan de transport de l’opérateur ferroviaire (fréquence des trains, ponctualité, confort pour les voyageurs…) est dans les limbes. La dette globale du groupe fait planer une sérieuse menace sur les missions ferroviaires de base. Arrêtons là le catalogue… 

Malgré tout cela, il semble étonnamment ardu de trouver un nouveau dirigeant d’envergure pour nettoyer les écuries d’Augias. Une candidate avait menti sur son CV : écartée d’office… La guerre entre le SP.A et l’Open VLD a fait deux victimes : leurs poulains préférés respectifs qui pourtant connaissent parfaitement les rouages du rail belge. 

La première solution de rechange a tourné court, apparemment en raison du plafonnement du salaire des top managers fédéraux. La seconde roue de secours SP.A a également vécu… Résultat final : c’est un vrai patron du secteur privé flamand qui, à 69 ans, va devoir affronter toutes les futures bourrasques, les syndicats des cheminots, les exigences des cabinets ministériels, les plaintes légitimes des voyageurs… Jo Cornu a du pain sur la planche et va devoir travailler dans l’urgence. 

La valse des ex-futurs patrons de la SNCB a pris fin, on l’espère. Mais l’amateurisme du gouvernement fédéral dans la sélection de ses propres chefs d’entreprise publique laissera une grosse tache sur le bilan de Di Rupo Ier.

Un édito de Frédéric Chardon