Un édito de Gilles Milecan.

Le "plan alcool 2014-2018" n’a pas été adopté. Les deux ministres en charge de la Santé (au fédéral et en communauté française) qui, bien qu’ayant renoncé à des pans entiers du projet initial, le soutenaient, n’ont pas emporté la conviction de leurs pairs, réunis au sein de la "Conférence interministérielle Drogues". "De leurs pairs" est certes un brin exagéré puisque les vingt autres membres de gouvernement s’étaient fait représenter.

Personne ne souhaite manifestement incarner l’opposition à 33 mesures visant à réduire la consommation nocive d’alcool.

Les chiffres fixant les dégâts qu’elle cause ne souffrent en effet pas, hors café du commerce, la discussion.

Car tout le monde sait que la consommation d’alcool peut rapidement poser problème. Tout le monde, vraiment ? Bien sûr que non. Des milliers de jeunes en font la découverte chaque semaine et il n’en faut parfois pas davantage pour qu’un drame se produise.

La valeur, les modalités, y compris techniques, et les nécessaires contrôles de l’interdiction donnent lieu à des discussions partisanes ? Soit.

L’information et l’éducation, elles, sont unaniment considérées comme indispensables.

Parce qu’un automate ne dira jamais "non" à une carte en plastique.

Parce que l’acheteur ne sera pas toujours le buveur.

Parce qu’interdire ne signifie pas empêcher.

La prohibition n’élimine pas les assuétudes et encore moins les difficultés sociales qui y mènent.

La connaissance et la conscience des effets néfastes de la consommation excessive d’alcool peuvent, en revanche, amener quelqu’un à se passer du verre de trop. Adopter sans attendre les seules mesures visant cet objectif n’aurait pas été une concession mais une victoire.