Un édito de Francis Van de Woestyne.

Si les élections devaient avoir lieu ce dimanche, et si les électeurs devaient confirmer le sondage réalisé par Dedicated pour "La Libre" et la RTBF, le pays serait tout simplement in-gou-ver-nable. Car la N-VA serait, elle, in-con-tour-nable. Que faire ? 

1. Avec une N-VA à 32,3 %, les trois partis qui sont actuellement au pouvoir en Flandre (CD&V, Open VLD et SP.A) n’auraient pas la majorité dans le groupe linguistique flamand. Il faudrait donc, à nouveau, négocier avec la N-VA. Prendre son programme économique ne poserait pas (trop) de problème. Mais croire qu’elle pourrait s’en contenter, et laisser tomber son délire institutionnel, c’est rêver éveillé. N’oublions pas que pour accepter une participation à un gouvernement fédéral, le congrès de la N-VA doit voter à une majorité des deux tiers. Et on imagine mal une telle assemblée accepter un programme qui ne conduirait pas la Flandre à l’indépendance. 

2. LA question demeure : pourquoi la N-VA plaît-elle tant en Flandre ? Précisément parce qu’elle cache son intention de scinder le pays. Parce qu’elle fait croire que la moitié des Belges vit au crochet de la Flandre. Et parce que son président de parti, entre deux hospitalisations, se révèle le meilleur dans les médias. Enfin, si la N-VA perce les plafonds, c’est parce qu’en face d’elle, on entend les mouches voler. De rares téméraires, comme Daniel Termonde, le bourgmestre de Gand, appellent les intellectuels, les médias, les politiques à contrer les nationalistes. Mais les autres supplient les francophones de ne rien dire. Mais ainsi, c’est encore pire. 

3. La campagne électorale ne fait que commencer. Plus que jamais, c’est de pédagogie - et non de démagogie - dont l’électeur a besoin.