Comme prévu par les observateurs de la chose fiscale belge, les dernières semaines de validité de la loi de régularisation fiscale mise en place en 2006 ont vu une croissance exponentielle du nombre de déclarations. On parle bien ici de régularisation de fonds ou de revenus du capital qui avaient échappé à l’impôt, principalement au précompte mobilier. Les dernières estimations de recettes liées à ces opérations dépassent de loin les espoirs du gouvernement qui a pourtant multiplié les "incitants" ces dernières années. Les dernières grandes portes ouvertes à la fraude se ferment : il faut désormais déclarer les contrats d’assurance placement souscrits à l’étranger et, l’an prochain, il faudra aussi faire état dans les déclarations de revenus des éventuelles participations dans les sociétés offshore ou dans des fondations et structures de gestion patrimoniale opaques. 

Et depuis lundi, il est possible de déclarer des fraudes graves - revenus professionnels dissimulés, détournement de biens sociaux - contre paiement de lourdes sanctions financières. Pour les indépendants qui ont joué avec le feu, c’est une occasion de faire réapparaître des fonds de plus en plus difficilement utilisables. En effet, les banquiers belges et étrangers ont peur d’être jugés coupables d’assistance à la fraude et au blanchiment. Ils dénoncent donc les clients suspects. C’est l’heure du "chacun pour soi". Et la morale dans tout cela ? L’ampleur des recettes espérées et la taille des failles budgétaires à combler ont mis presque tout le monde politique d’accord à ce propos : le débat moral s’est effacé devant la logique politique. Mais l’amnistie fiscale, sociale et pénale, ce sera fini dans six mois !