Edito

Alors qu’il ne prendra ses fonctions de Secrétaire d’Etat du Vatican - Premier ministre du Pape… - que le 15 octobre, Mgr Pietro Parolin a, selon les normes non ecclésiales, sérieusement rué dans les brancards puisque celui qui est toujours nonce à Caracas a déclaré dans une interview que "le célibat des prêtres n’était pas un dogme !" De quoi faire un sacré "buzz" dans certains milieux chrétiens qui depuis les pontificats de Jean-Paul II et de Benoît XVI n’envisageaient plus une quelconque ouverture sur ce terrain ! Mieux… dans la foulée, le porte-parole de Mgr André-Joseph Léonard himself expliquait que ce dernier n’excluait pas non plus un nouveau débat sur l’adaptation du célibat des prêtres !

Il faut remettre les pendules à l’heure: tant dans l’esprit de l’archevêque Parolin que dans celui de son homologue malino-bruxellois, il ne saurait être question actuellement de revenir en arrière mais il doit être possible de débattre de l’hypothèse d’admettre des hommes mariés au sacerdoce dans des conditions très strictes. Comme cela existe du reste pour des ex-popes ou pasteurs convertis au catholicisme.

Voilà ni plus, ni moins ce que pourrait admettre le sommet de l’Eglise. C’est que la question du célibat est si délicate qu’elle pourrait provoquer un schisme dans les rangs catholiques. Le propos très libre de Mgr Parolin est dès lors clairement un ballon d’essai qui ne peut qu’avoir la bénédiction du Pape. Du reste, ils sont sur la même longueur d’onde: dans ses livres d’entretiens, le cardinal Bergoglio plaidait pour le statu quo. Et si changement il y aura, "ce sera pour des raisons culturelles, dans un endroit précis - NdlR : le monde occidental - et pas de manière universelle"...