Royal, osons le mot ! Le 21 juillet 2013 fera immanquablement date dans l’histoire de notre pays. Alors que d’aucuns redoutaient – voire attendaient, pour les esprits les plus malicieux ou pernicieux – l’un ou l’autre faux pas de notre nouveau Chef de l’Etat, le roi Philippe est monté sur le trône de Belgique avec une assurance et une aisance qui ont surpris et réjoui.

Du Te Deum au bouquet final, Philippe et son épouse, la reine Mathilde, ont brillé tout au long d’une journée qui a révélé le visage d’une Belgique heureuse et apaisée.

Devant un écran de télévision ou dans les rues de Bruxelles, là où la fête battait son plein, plusieurs dizaines de milliers de personnes ont salué non seulement l’abdication touchante d’Albert II (avec une émotion rare des représentants politiques présents en la majestueuse salle du trône du Palais royal de Bruxelles), mais aussi et surtout l’intronisation parfaitement maîtrisée de son fils aîné dans l’hémicycle bondé de la Chambre des représentants.

Ce 21 juillet 2013 a marqué les esprits.

Il est d’abord frappant d’observer la tonalité et la teneur des propos tenus par le roi Philippe face aux élus de la nation. Point de nostalgie ! Mais, au contraire, une prestation de serment résolument tournée vers l’avenir.

Au petit exercice consistant à repérer les mots le plus souvent utilisés par le nouveau Chef de l’Etat, on retrouve les mots “confiance” et “ensemble”. Confiance dans “ce nouveau chapitre de notre pays”; dans cette relation “qui existe depuis bientôt deux cents ans entre le Roi et le peuple belge”; dans ce “génie commun” à surmonter les difficultés (politiques, sociales, économiques, etc.) de l’époque. Le tout, a martelé Philippe, “ensemble”, avec cette noble ambition de donner un nouvel élan d’enthousiasme à notre Royaume.

Autre point saillant : le roi Philippe est apparu, d’emblée, comme un homme ancré dans la modernité politique et institutionnelle de son époque (et, à cet égard, il s’inscrit parfaitement dans le sillage de son père).

Le nouveau roi, très conscient des contours de sa nouvelle fonction, a ainsi affiché sa détermination à œuvrer en parfaite entente avec le gouvernement fédéral et les entités fédérées.

En réussissant son entrée en fonction, Philippe aura aussi prouvé, à ceux qui ne l’attendaient pas forcément à pareille fête, qu’il était prêt à prendre ses responsabilités. Jamais, le roi des Belges n’aura d’ailleurs été aussi bien préparé à se mettre au service de son peuple.

Cela ne signifie pas que la partie est gagnée – loin de là. On sait les difficultés auxquelles il devra faire face et les obstacles que ne manqueront pas de dresser, sur sa route, certains esprits antimonarchiques.

Dans les moments moins aisés, le Roi devra s’accrocher, dialoguer, convaincre, avec sérénité et indépendance. Mais que l’on ne mette pas à charge de Philippe des tâches ne lui incombant pas : le “vivre ensemble”, du Nord au Sud, il pourra, certes, l’entretenir, le valoriser, mais pas le garantir si les volontés devaient s’avérer contraires. Le peuple et ses élus, faut-il le répéter, sont les seuls et uniques décideurs de notre démocratie.

Un édito de Pierre-François Lovens