C’était au printemps dernier. Tous les soirs à 20 heures, nombre de Belges applaudissaient les soignants depuis leurs trottoirs, balcons ou fenêtres. Une solidarité touchante, mobilisatrice surtout. C’était il y a 5 mois. Une éternité. Cet automne, les citoyens sont davantage démoralisés par une longue crise, fatigués par les mesures sanitaires légitimes et fâchés par la lenteur et la lourdeur du processus de dépistage. De leur côté, la plupart des généralistes sont à bout de souffle, débordés et bousculés. Débordés d’abord, par une charge de travail - et surtout administrative - colossale. Et pour cause, les médecins prescrivent une grande partie des dépistages, et doivent ensuite informer leurs patients du résultat. Bousculés ensuite. Pour de nombreuses raisons personnelles et professionnelles évidentes, les patients s’impatientent de ne pas recevoir leurs résultats et s’en prennent trop souvent à leur médecin traitant. Les coups de téléphone, mails et autres Messenger et WhatsApp reçus - à toute heure du jour et de la nuit - sont sans appel : la patience, le sang-froid et parfois même la bienveillance se sont évaporés. Et ce, alors que le monde médical est replongé en gestion de crise.

Depuis plusieurs semaines, le gouvernement fédéral tente de soulager la première ligne sanitaire, mais des efforts de simplification s’imposent si notre pays veut éviter l’implosion de son système de santé. Ceux-ci appellent les autorités à multiplier les centres de tests, déléguer certaines fonctions administratives (prescription de tests, communication de leurs résultats et délivrance de certificats de quarantaine) et étendre la capacité de réalisation des frottis PCR aux vétérinaires, infirmiers, laborantins ou étudiants habilités.

Les Belges peuvent faire mieux encore qu’applaudir les soignants sur le trottoir : entendre leur SOS. Le respect des règles d’or reste le meilleur moyen de soutenir les soignants dans cette deuxième vague et éviter la saturation du système médical, hospitalier ou du tracing.