Ses amis redoutaient cet instant. Ses ennemis l’attendaient au tournant. Ses détracteurs guettaient le tourment. Affaibli, François Hollande n’a pas failli. Mais pourra-t-il reconquérir son pays ? 

Il fallait du courage pour affronter 600 journalistes, quelques millions de téléspectateurs, attirés avant tout par ses frasques conjugales. Suivant un scénario bien huilé, il a fait face, brièvement, dignement, reconnaissant les troubles de son couple. Le reste lui appartient. C’est finalement sur le plan économique que sa posture s’est révélée plus délicate. Même s’il affirme, avec un certain aplomb, que son tournant social-libéral se situe dans une certaine continuité, il cache mal le revirement - heureux - de sa politique. Allègement du coût du travail, simplification administrative, compétitivité : son pacte de responsabilité se situe plus dans la ligne de l’Allemand Schröder que dans celle de François Hollande, président depuis mai 2012. Les entrepreneurs cessent d’être des cibles, ils deviennent partenaires, facteurs de croissance. 

Enfin. Oui, la France est un grand pays. Par sa culture, par son histoire, par les hommes et les femmes qui l’ont forgée. Les talents foisonnent, les idées fusent. Mais depuis 18 mois, la France ne parvient pas à soigner une déprime générale. La faute à qui ? Son président ne peut dégager sa responsabilité et attribuer sans cesse, comme il le fait, ce triste état à son prédécesseur. Hollande semble avoir pris la mesure du défi. Mais les mots ne suffiront pas à soigner les maux. Il faudra des actes. Adepte des atermoiements, des faux-fuyants, Hollande pourra-t-il inverser la tendance et rendre confiance ? Pour le dire plus platement, un ballon dégonflé peut-il encore rebondir ? Il lui reste 3 ans pour séduire… les Françaises et les Français.