Edito

Un édito de Vincent Slits.

Tout n’est pas parfait mais l’économie belge se porte bien, en tout cas mieux que certains autres pays européens, et la Belgique a traversé la crise sans trop de casse au niveau social et de sacrifices pour le pouvoir d’achat des citoyens. 

Ce discours, bien rodé, est celui d’un Premier ministre en campagne, soucieux de valoriser le bilan de son gouvernement à l’aube de nouvelles élections fédérales et régionales. Et c’est vrai que notre pays a retrouvé une stabilité mais aussi une crédibilité sur les marchés financiers, ce qui relevait du tour de force après 541 jours de crise politique. 

Le mérite en revient à Elio Di Rupo et aux membres de son gouvernement qui ont trouvé des compromis sur des sujets sensibles, au-delà d’approches idéologiques différentes. Mais amortir les chocs est une chose, profiter de la reprise en est une autre. Sommes-nous aujourd’hui armés pour tirer le meilleur profit d’une embellie conjoncturelle, qui finira bien par se produire, au bénéfice de l’emploi ? On doit se poser la question. Sans tabous, ni œillères. Car des hypothèques pèsent sur la compétitivité de nos entreprises - et cela ne se limite pas à la question du coût salarial -, le problème du financement à long terme des pensions demeure entier et la fiscalité reste dans notre pays trop pénalisante, complexe et globalement injuste. 

Ces chantiers, cinq économistes francophones de renom ont eu l’audace de les aborder, de les affronter en dégageant, entre eux, des voies de consensus pour réformer notre économie. La démarche est inédite. "La Libre" vous propose de découvrir, dès ce samedi, le fruit de leurs réflexions qui doivent ouvrir le débat. 

Le monde politique ne pourra ignorer ces réflexions.