Edito
Un édito de Dorian de Meeûs

Les images ont fait le tour du monde. Les manifestants les plus extrémistes de la Place Maïdan ont pris le contrôle de la Mairie de Kiev. A peine installés, ils ont marqué leur territoire en taguant des croix gammées sur les portes et murs du bâtiment. Ce geste peu concevable en 2014 fait froid dans le dos. Mais cette référence à l’idéologie nazie, on la retrouve aussi chez nous. Parfois sur une mosquée (photo à Genk en novembre dernier), une synagogue, des cimetières ou même auprès de collectionneurs d’objets du Troisième Reich.

On ne peut se résoudre à observer et condamner ce phénomène… ignoble, fruit de l’ignorance. Il témoigne d’une méconnaissance de l’Histoire. S’il est presque inévitable que des citoyens expriment des opinions extrémistes, parfois condamnables, il est cependant très inquiétant que le nazisme puisse encore représenter une idéologie pour certains jeunes. Les conséquences connues de ces dérapages actuels nous donnent une obligation, celle de sensibiliser les adolescents, nos enfants.

Nous devons redonner du sens aux expressions "nazis", "facho", ainsi qu’aux croix gammées, aux initiales HH (ou 88) ou autres saluts hitlériens. Car oui, les mots et les symboles ont un sens, une histoire, un passé. Récemment, Dieudonné nous expliquait que sa quenelle n’était pas un salut nazi inversé. Mais, même face à cette interprétation - qu’elle soit évidente ou supposée - il aurait dû logiquement abandonner ce geste. Faire référence au nazisme en trouvant cela banal, c’est piétiner une fois de plus les victimes…

Ce travail de mémoire commence inévitablement par l’école et ses cours d’Histoire. Face aux années qui passent et aux symboles qui ressurgissent, n’est-il pas temps d’ajouter aux voyages scolaires une visite pédagogique dans un camp de concentration ? En imposant le décryptage de "Mein Kampf", on toucherait au cœur du problème, celui de la mémoire. Tout était écrit, les racines du Mal étaient connues. Aujourd’hui aussi, elles sont connues…