Le sujet est délicat. Faut-il évoquer la liaison supposée du président français, François Hollande, avec une actrice ou la taire, parce que l’histoire appartient à sa vie privée ? Un édito de Francis Van de Woestyne.

Dans un monde idéal, tout ce qui concerne la vie privée d’un homme politique devrait toujours rester dans cette zone particulière, inaccessible aux médias, au public. La vie privée est privée. Aucun homme, même s’il appartient à son pays, ne peut survivre s’il ne peut cultiver un jardin secret. Voire très secret. Mais les présidents français ont eux-mêmes brisé les digues qui séparaient leurs deux vies. François Mitterrand, au soir de sa vie, a mis en scène sa paternité cachée et fait découvrir au monde l’existence de Mazarine. Nicolas Sarkozy a organisé une "paparazzade" pour officialiser sa liaison avec Carla Bruni. Dans le cas présent, Paris bruissait depuis plusieurs mois déjà de cette rumeur. Et la réaction de François Hollande, réclamant le respect de sa vie privée, a été interprétée comme une confirmation de la liaison. 

La question est de savoir si ce fait est de nature ou pas à entraver la gestion de la France. Là-bas, on n’écarte pas l’idée que les remous de la vie privée de François Hollande, entre son ancienne compagne, l’officielle et l’éventuelle nouvelle, puissent perturber un processus de décision qui semble déjà assez grippé. François Hollande présentera ses vœux mardi. A la même époque, Nicolas Sarkozy, la bouche en cœur, avait révélé qu’entre Carla et lui, "c’était du sérieux". Hollande ne pourra empêcher cette question : entre lui et Julie Gayet, est-ce aussi du sérieux ? Cette romance, réelle ou pas, passionnera la France quelque temps. Le temps de rassasier ceux qui se nourrissent de ces récits. Après, il faudra revenir aux choses qui comptent : l’avenir de la France et des Français.