Pegasus. Voici l’étincelle qui ravive la guerre des aéroports. Celle-ci couvait depuis quelques années : elle est repartie de plus belle à l’annonce de l’arrivée prochaine sur le tarmac carolo de la compagnie low-cost turque, jusqu’ici cliente de "Brussels Airport". Il n’en fallait pas plus pour que l’aéroport "national" allume "Brussels South Charleroi Airport", l’accusant d’abuser de subsides wallons - donc de l’argent public - pour débaucher des compagnies, en faussant le jeu normal de la concurrence. Que penser de tout cela ? 

1. Si "Brussels Airport" a les nerfs, c’est parce que Pegasus n’est pas qu’une compagnie. C’est le symbole de la capacité de Charleroi à attaquer frontalement Zaventem, y compris demain pour attirer des compagnies intercontinentales. C’est une nouvelle donne. Et une menace claire pour l’opérateur dominant. 

2. Si concurrence déloyale il y a, des voies de recours sont possibles, au niveau national et au niveau européen. Jusqu’ici, la Commission européenne a toléré que des missions de service public (pompiers, sûreté, etc.) soient financées par la Région wallonne, là où Zaventem assume, il est vrai, les mêmes frais, sans le soutien de l’Etat fédéral. Charleroi ne fait donc rien d’illégal - on ne parle pas ici d’aides d’Etat - mais la transparence doit prévaloir sur qui finance quoi. 

3. L’aéroport de Charleroi est un instrument stratégique dans le redéploiement économique de la Wallonie. La Région wallonne est dans sa mission lorsqu’elle mène une politique volontariste pour en accroître le rayonnement et l’aider à grandir, au bénéfice de ses habitants et du tissu économique régional. Mais maintenant que cet aéroport a atteint sa vitesse de croisière avec près de six millions de passagers, il serait normal qu’il vole de ses propres ailes. En faisant la différence avant tout sur ses propres atouts.