Le printemps de l'environnement, le crépuscule de l'humanité

Toute idéologie doit s'incliner devant les lois gouvernant notre Terre. Il n'est ni anormal ni criminel que des espèces biologiques disparaissent et soient remplacées par d'autres. Une opinion de Robert NONDONFAZ, Enseignant, consultant.

Robert NONDONFAZ
Le printemps de l'environnement, le crépuscule de l'humanité
©Jean-Luc Flémal

Enseignant, consultant

Depuis plusieurs années, des spécialistes d'un peu tout accusent chacun de nous de préparer un sombre avenir à nos enfants. Nous polluons, nous ne respectons pas la terre, nous consommons des dérivés pétroliers, nous produisons du CO2, nous provoquons le réchauffement de la terre, nous dégradons l'eau, nous polluons l'air. Alors, ces mêmes spécialistes nous proposent une terre qui n'utiliserait que des énergies qu'ils appellent renouvelables. Ils s'opposent aux innovations au nom d'un principe de précaution dont ils réécrivent le contenu bien loin de celui qui avait été défini à Rio en 1992 lors d'un sommet de la Terre. Ils mettent sur un piédestal le "scientifique" José Bové et ses émules. Ils veulent entre autres nous interdire de manger des fraises en janvier ou limiter notre mobilité ou....

Au moment où un nouveau gouvernement, ô combien difficilement formé, lance ce Printemps de l'environnement, il me paraît utile de vous faire partager un point de vue très clair, même s'il peut être choquant pour certains.

- Principe n° 1 : l'objectif primordial de tout être humain devrait être de préparer un avenir toujours meilleur aux générations futures.

Une augmentation de la température de 2°C sur 100 ans prépare-t-elle un avenir plus catastrophique aux générations futures qu'une pénurie de nourriture ?

Il est évident que nous devons limiter au maximum l'augmentation de l'effet de serre mais pas au détriment de valeurs supérieures.

Nous avons besoin d'une énergie bon marché et disponible en quantité suffisante pour tous. La seule solution actuelle nous est apportée par le nucléaire. Aujourd'hui, on peut ne plus consommer de pétrole pour produire de l'électricité, alors réservons-le pour le transport car, pour cette utilisation, il reste encore pour un certain nombre d'années la meilleure option. Pour produire de l'électricité, on nous propose l'éolien, mais, et le jeu de mot est facile, ce n'est que du vent ; chez nous, les éoliennes tournent un maximum de 25pc du temps. On nous propose des panneaux photovoltaïques, mais on peut estimer que ces panneaux produisent de l'énergie électrique en moyenne 4h/jour sur une année. Aussi longtemps que la technologie ne nous permet pas de maîtriser une source d'énergie présentant moins d'inconvénient, c'est le nucléaire qui est la meilleure solution.

On nous propose le gaz pour remplacer le pétrole : mais a-t-on déjà comptabilisé - c'est un laid mot - le nombre de morts causés par le gaz ? Sans aucune hésitation, beaucoup plus que le nucléaire.

- Principe n°2 : nous pouvons consommer les ressources que la Terre nous offre, à condition d'éviter tout gaspillage.

Nous savons que toutes les ressources naturelles n'existent qu'en quantités limitées. Rien n'est renouvelable, car ce qui est consommé n'existe plus après consommation, même le vent ou l'énergie solaire. Certaines ressources sont plus abondantes que d'autres. Une ressource naturelle ne devrait être consommée que si sa consommation produit un plus pour un maximum d'êtres humains.

Principe n°3 : NOMA : Non-Overlapping MAgisteria, si bien défendu par Stephen Gould dans son ouvrage "Et Dieu dit : que Darwin soit" (titre français) dans lequel il propose de laisser au domaine du savoir scientifique - celui des faits et des lois que l'homme révèle peu à peu - un territoire livré au seul empire de l'expérience et de la raison. De Nicolas Copernic à Georges Lemaître en passant par Galileo Galilei, Isaac Newton ou Teilhard de Chardin, beaucoup d'hommes d'Eglise furent en conflit avec le magistère de l'Eglise, et pourtant ils avaient raison. Mais il est évident que ce principe s'applique non seulement entre religion et science mais aussi entre science et idéologie. Toute idéologie, aussi respectable soit-elle, doit s'incliner devant les lois gouvernant notre Terre, notre univers. Ces lois, du domaine de la physique, de la chimie, de la thermodynamique, sont d'application universelle : la relativité, la vitesse de la lumière, l'entropie, la gravitation, la sélection naturelle des espèces, l'évolution ne peuvent être mises entre parenthèses pour satisfaire une idéologie. Et il n'est ni anormal, ni immoral, ni criminel que des espèces biologiques disparaissent quotidiennement et soient remplacées par d'autres. L'actuel refus des OGM au nom de la conservation de certaines espèces est en contradiction avec ce principe.

Principe n°4 : un objectif important ne justifie pas des modalités d'application très contestables. Ce qui a été vécu lors du redémarrage du haut-fourneau 6 d'Arcelor-Mittal au sujet des rejets de CO2 met bien en évidence ce principe. Certains étaient prêts à condamner le redémarrage de ce haut-fourneau en surtaxant son fonctionnement, alors que le monde a un besoin urgent d'acier et surtout d'acier de qualité. Les objectifs du protocole de Kyoto sont importants et tout doit être fait pour limiter les rejets de gaz à effet de serre, mais certaines modalités d'application doivent être revues de fond en comble dans le cadre du nouveau protocole.

Voici quelques idées dont devraient s'imprégner tous les acteurs des quatre ateliers mis en place dans le cadre du Printemps de l'environnement. Ces ateliers vont traiter du climat et de l'énergie, de la biodiversité et du développement durable, de l'environnement et de la santé, et enfin de la mobilité. Tous ces thèmes sont importants pour le futur. Ayons le courage de ne pas suivre des courants d'opinion très populistes et de prendre immédiatement les mesures qui permettent d'améliorer les conditions de vie d'un plus grand nombre.