La VRT sous pression politique

La rédaction de la VRT a-t-elle été mise sous pression par la ministre en charge des Médias pour annuler la diffusion d’un reportage embarrassant pour le sp.a? Une opinion de Jan De Troyer.

La VRT sous pression politique
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La rédaction de la VRT a-t-elle été mise sous pression par la ministre en charge des Médias pour annuler la diffusion d’un reportage embarrassant pour le sp.a sur l’affaire "HaZoDi" ?

L’affaire "HaZoDi" concerne la zone de police Hasselt-Zonhoven-Diepenbeek, sous la houlette de la bourgmestre socialiste de Hasselt, Hilde Claes, la fille de Willy Claes. Au Limbourg, Hilde Claes partage le terrain d’action socialiste avec la ministre flamande des Médias Ingrid Lieten, par ailleurs vice-ministre-présidente SP.A au sein du gouvernement flamand. L’ex-patronne de De Lijn habite Zonhoven, au cœur de la zone de police concernée.

L’affaire "HaZoDi" a éclaté en 2011 quand quatre fonctionnaires de l’administration communale de Hasselt ont dénoncé certaines pratiques au sein de la zone de police HaZoDi. Ces fonctionnaires, adversaires de la culture des petits profits, ont révélé que certains membres du corps de police manipulaient les horaires afin de profiter au maximum du système de primes, empochant ainsi des sommes considérables pour des prestations dont l’utilité n’était pas toujours établie. Selon les dénonciateurs, ce système de "faveurs", coûtant aux contribuables des centaines de milliers d’euros, existait depuis des années. L’affaire "HaZoDi" a fait la une de journaux flamands. Depuis lors, les quatre contestataires ont été victimes d’une avalanche de procédures et de sanctions.

Récemment, ils ont été accusés d’avoir touché indûment une partie de leur salaire et l’administration communale a menacé de leur réclamer le remboursement de 330 000 euros. Il est clair qu’à quelques jours des élections communales, cette affaire n’arrange pas la bourgmestre socialiste de Hasselt, responsable de la bonne gestion de la zone HaZoDi.

Bon nombre de journalistes et responsables politiques ont donc froncé les sourcils quand la rédaction de la VRT a annulé la diffusion d’un reportage dans lequel les quatre dissidents réfutaient les insinuations à leur égard. Leur avocat, Sven Mary, a accusé la ministre des Médias d’avoir mis la rédaction de la VRT sous pression. Lui-même a reçu le conseil de ne pas se montrer à la conférence de presse des contestataires.

Il faut savoir que l’ingérence de la ministre des Médias avait déjà été mise en cause quand la direction du comité des rédacteurs en chef de la VRT avait été confiée, fin 2011, à Luc Rademakers, membre du comité de direction du groupe Concentra, éditeur du "Belang van Limburg", et habitant le même quartier qu’Ingrid Lieten. Luc Rademakers s’était très vite fait remarquer en sanctionnant deux journalistes de la VRT, auteurs du livre "De Keizer van Oostende" (l’Empereur d’Ostende), décrivant le contrôle par Johan Vande Lanotte, autre bonze du SP.A, de la vie politique de la reine des plages.

Les journalistes de la VRT avaient, entre autres, voulu démontrer que Johan Vande Lanotte avait influencé, alors qu’il était ministre en charge de la Mer du Nord, une série de décisions favorables à des initiatives dans le secteur de l’énergie alternative, pour ensuite, quand il n’était plus ministre, se lier à ces mêmes initiatives à travers des montages financiers. Les auteurs du livre avaient été réprimandés par la VRT. Et comme par hasard, la diffusion du reportage d’un des auteurs, Wim Van den Eynde, sur le scandale qui embarrasse la bourgmestre socialiste de Hasselt, est annulé par le collège des rédacteurs en chef, chapeauté par Luc Rademakers.

Les élections du 14 octobre nous diront dans quelle mesure les habitants de Hasselt acceptent ce qui ressemble fort à du copinage.

Une opinion de Jan De Troyer.