Délinquance policière

Est-il acceptable que, pour exprimer son désaccord (avec la loi !), la police entrave les libertés constitutionnelles de centaines de milliers de citoyens, dont le seul crime est de se rendre paisiblement sur leur lieu travail, de conduire leurs enfants à l'école, d’exercer leur droit constitutionnel d’aller et venir librement ? OPINION

Délinquance policière
©Belga
Drieu Godefridi

Un commentaire de Drieu Godefridi, philosophe.


Les commentateurs qui qualifient de "totalitaire" la grève du 15 décembre, à mon humble avis se ridiculisent.

Si les voies de fait doivent être impitoyablement réprimées - ainsi des équipées sauvages de la désormais célèbre Raymonde-on-fire ! -, la grève est un droit et son exercice n’a rien de scandaleux.

Mais que dire du mouvement de la police, ce matin ? (lire ici)

Ceux qui me lisent depuis quelques années le savent : s’il y a des intellectuels qui exècrent la police par principe, je n’en fais pas partie. Officier de police est un métier noble, ingrat et difficile. Les policiers méritent la considération de tous ceux qui se réclament de l’Etat de droit. J’ai fréquenté quelques officiers de police, et je les respecte. Car, sans la police, il n’y a pas de droit. Sans police, pas de sécurité. Sans la police, ce sont les plus faibles, personnes âges, enfants, femmes, qui subiraient la loi des plus violents.

Mais que penser de la grève du zèle, qui s’est déroulée sur nos routes, ce matin ? N’est-il pas aberrant, dans un Etat de droit, que la police parte en grève contre un arrêt de la Cour constitutionnelle ? Alors que cet arrêt ramène seulement le régime de prépension des policiers dans le giron du droit commun. Est-il acceptable que, pour exprimer son désaccord (avec la loi !), la police entrave les libertés constitutionnelles de centaines de milliers de citoyens, dont le seul crime est de se rendre paisiblement sur leur lieu travail, de conduire leurs enfants à l'école, d’exercer leur droit constitutionnel d’aller et venir librement ? Est-il tolérable qu’un automobiliste qui, au début de l’incident, n’avait commis aucune voie de fait, se fasse arracher son appareil-photo par un policier d’une agressivité hideuse, qui refuse de décliner ses qualités ? Est-il légitime que cet automobiliste - le Flamand à l’Audi, désormais lui aussi célèbre sur les réseaux sociaux - finisse menotté, traité comme un criminel ? Dans la circonstance, où git le principal fait délictueux ? Dans le chef de l’automobiliste, ou dans celui du policier ? Du point de vue du droit, la réponse à cette question paraît relativement aisée.

Un policier qui se rend coupable de voies de fait déshonore son uniforme.

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