La coopération germano-belge en matière de défense militaire: un exemple et une réussite!

Ces jours-ci, l’attention du public est entièrement captée par l’issue du référendum britannique sur la question du maintien ou non du pays au sein de l’Union européenne. Dans ces circonstances, convient-il ou est-il opportun de discourir de la coopération germano-belge en matière de défense militaire ? Ma réponse sera clairement "oui". OPINION.

Contribution externe
La coopération germano-belge en matière de défense militaire: un exemple et une réussite!
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L’Europe va de plus en plus devoir prendre ses responsabilités pour assurer sa sécurité. La coopération germano-belge en matière de défense militaire est un exemple et une réussite. Aujourd’hui au Mali, demain dans les Etats baltes et en Pologne?


UNE OPINION DE RÜDIGER LÜDEKING (ambassadeur de la République fédérale d'Allemagne auprès du Royaume de Belgique) 

Ces jours-ci, l’attention du public est entièrement captée par l’issue du référendum britannique sur la question du maintien ou non du pays au sein de l’Union européenne. Dans ces circonstances, convient-il ou est-il opportun de discourir de la coopération germano-belge en matière de défense militaire ? Ma réponse sera clairement "oui".

Nous nous sommes habitués, en Europe, à considérer nombre de choses comme allant de soi ou à ne pas trop y réfléchir. Pourtant, la coopération entre l’Allemagne et la Belgique illustre admirablement bien la nécessité d’une coopération étroite et en toute confiance pour contrer de manière efficace les défis sécuritaires multiples auquel l’Europe doit faire face. Les exigences et les attentes vis-à-vis de l’Union européenne en tant que partenaire stratégique de l’Otan de ce côté-ci de l’Atlantique ne font que s’accroître. L’Europe va de plus en plus devoir prendre ses propres responsabilités pour assurer sa sécurité. Les instabilités considérables au Proche-Orient et en Afrique du Nord, mais avant tout aussi le danger que représente l’organisation Etat islamique, sont autant de preuves à l’appui. L’Union européenne doit se concevoir comme puissance-clé dans son voisinage, une puissance désireuse de s’affirmer, elle doit être cet acteur qui, en raison de la situation de menace accrue et des autres risques pour la sécurité, ne peut tout simplement pas se dérober à l’instauration d’une politique de sécurité et de défense commune basée sur la solidarité et la coopération entre les Etats membres de l’Union.

L’Allemagne et la Belgique se basent sur de longues années d’une coopération éprouvée et empreinte de confiance mutuelle en matière de défense. Celle-ci ne se limite pas qu’à une utilisation réciproque des structures de formation ou à l’engagement commun soutenu jusqu’à ce jour dans des conditions difficiles au nord de l’Afghanistan. Tant la Belgique que l’Allemagne apportent leur contribution à la lutte contre les rebelles islamistes, dans le cadre de la Mission de formation de l’Union européenne au Mali (EUTM), par la formation des forces armées maliennes. Le 3 juillet, la Belgique a d’ailleurs pris des mains de l’Allemagne la direction de cette mission. Je la félicite de cette décision. L’Allemagne se réjouit de continuer, sous le commandement belge, cette bonne coopération bilatérale au Mali.

Le sens des responsabilités de la Belgique en matière de sécurité de l’Europe est impressionnant. De fait, la Belgique va, en plus de son soutien à la formation d’éléments de l’armée irakienne à partir de juillet 2016, encore une fois lancer six avions de combat de type F-16 pour lutter contre Daech par les airs. Le sommet de l’Otan du 8 et 9 juillet à Varsovie va, tout comme le sommet précédent au pays de Galles, se consacrer intensivement à l’étude des changements dans l’environnement sécuritaire de l’Europe. Ce faisant, la question quant à un renforcement de la présence de l’Otan à l’avant des territoires orientaux des pays de l’alliance sera cruciale. Les ministres de la défense des pays membres de l’Otan se sont récemment mis d’accord, en respectant les dispositions du Traité fondamental Otan-Russie, sur l’envoi, selon un système de rotation, de forces multinationales de la taille d’un bataillon dans les trois Etats baltes et en Pologne. L’Allemagne s’est déclarée prête à adopter le rôle de nation-cadre pour un de ces quatre bataillons multinationaux. Il serait souhaitable, me semble-t-il, que cette tâche forme à son tour un nouveau point d’ancrage pour la coopération des forces armées de nos deux pays.

La coopération germano-belge en matière de défense militaire: un exemple et une réussite!
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