Le PTB à 18 %... Réveillons-nous ! (OPINION)

Le parti marxiste de Raoul Hedebouw était à 0,83 % en 2010, il plafonne aujourd’hui à 18 % dans la dernière enquête d’opinion. Ceci étant dit, une victoire du PTB aux élections serait le début de la fin pour la Belgique en général et la Wallonie en particulier.

Le PTB à 18 %... Réveillons-nous ! (OPINION)
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Contribution externe

Une chronique d'Etienne Dujardin, juriste. 

Le parti marxiste de Raoul Hedebouw était à 0,83 % en 2010, il plafonne aujourd’hui à 18 % dans la dernière enquête d’opinion. Je trouve le porte-parole du PTB très sympathique, c’est même à mon sens le meilleur communicant politique en francophonie. Il faut un immense talent pour faire passer son parti du stade d’inexistant à celui de 3e force politique. Débattre avec des cadres de ce parti est d’ailleurs toujours un réel plaisir, car on sent qu’ils se battent pour leurs convictions et sans complexe. Ceci étant dit, une victoire du PTB aux élections serait le début de la fin pour la Belgique en général et la Wallonie en particulier.

Notre pays est basé sur un équilibre fragile entre Flamands, Wallons et Bruxellois. Il faut que les citoyens se rendent compte que voter pour un parti comme le PTB va accélérer le processus de scission du pays. Une Flandre qui vote à droite, qui est dynamique, qui crée de la richesse, qui a un tissu de PME formidable accepterait déjà difficilement de voir revenir le PS aux commandes en 2019, mais alors le PTB... n’en parlons pas ! Bart De Wever a déjà signalé qu’un retour du PS au pouvoir serait uniquement pour discuter du confédéralisme, alors avec le PTB, le pays risque la rupture. Tout le monde vote comme il l’entend, c’est la beauté de la démocratie, mais que tous ceux qui se disent attachés à la Belgique se rendent compte de l’impact de leur vote et du réel agenda du parti du camarade Raoul.

Au niveau économique, la Wallonie deviendrait un désert social où le chômage exploserait. Plus aucun investisseur ne viendrait mettre le nez dans une Wallonie dirigée par des communistes capables de nationaliser les outils de production. Que chaque Belge prenne une carte du monde et essaie de trouver où le marxisme a apporté de la richesse, une hausse des revenus de la classe moyenne, un rôle d’ascenseur social. La réponse est : nulle part ! Regardez la Corée du Nord, Cuba, le Venezuela, ou l’URSS à l’époque. Dans tous ces pays, l’idéologie véhiculée par le PTB a amené la pauvreté, la fin des libertés, et le désordre social. Il ne sera certes pas seul au pouvoir, mais pourra peser suffisamment pour mettre une économie wallonne déjà sous perfusion au rang de mort clinique. La Belgique est actuellement l’un des pays les plus taxés du monde et le PTB veut encore augmenter les taxes. Cela va faire fuir les personnes les plus aisées et laminer la classe moyenne ! Il faut savoir qu’aujourd’hui 10 % des Belges offrent déjà plus de 50 % des recettes de l’Etat. Distribuer l’argent des autres c’est facile, dire qu’on va faire payer les riches, c’est sexy, mais cela débouche sur une situation à la vénézuélienne. Pour l’économiste Philippe Defeyt, l’application du programme du PTB coûterait 50 milliards d’euros, soit une somme introuvable dans un Etat déjà en déficit depuis 30 ans.

Le citoyen doit aussi se rendre compte que le PTB, c’est un seul réseau d’enseignement. Le PTB ne veut plus de l’enseignement libre, il veut fusionner l’enseignement libre et l’officiel. Les parents n’auront donc plus la liberté de choix et d’éducation pour leur enfant. C’est une atteinte grave au pacte scolaire et à tous ceux qui se sont battus pour nos libertés. Le nivellement par le bas que cette cacophonie engendrerait poussera de plus en plus de parents à se tourner vers des écoles privées, ce qui accentuera le fossé entre les élèves au lieu de le combler.

Nous sommes, par ailleurs, en guerre contre le terrorisme islamiste. Il faut que le citoyen sache que le PTB est contre toute mesure en matière sécuritaire. Le PTB s’oppose à toutes les mesures prises par le gouvernement dans la lutte contre le terrorisme. Selon le PTB, les mesures gouvernementales sont, en plus d’être inefficaces, « dangereuses». On croit rêver… ou pleurer. Le parti de Raoul Hedebouw s’oppose évidemment aux contrôles des frontières, et s’oppose à une « Europe forteresse » en vue de gérer les flux migratoires. Je pense que les cadres du PTB qui s’autoproclament les défenseurs des citoyens ne doivent pas très bien saisir que l’Europe n’est pas une forteresse en la matière et que les citoyens veulent au contraire une politique beaucoup plus ferme. LE PTB est même pour autoriser le voile dans les entreprises et les services publics et considère son interdiction comme du « racisme ». Sachant la population peu friande de ses positions, le PTB n’insiste jamais dessus, mais il est temps que la population connaisse son programme.

Enfin, qui n’en a pas marre des embouteillages à répétition suite aux grèves multiples que nous subissons ? Il faut savoir que l’extrême-gauche soutient toutes ces grèves sans exception. Le parti de Raoul est contre tout service minimum dans les transports qui pourrait aider quiconque à se rendre au travail s’il le choisit. Il était même contre un service minimum dans les prisons. Au sein du Conseil de l'Europe, la Belgique était en pleine grève dans le secteur carcéral, le seul pays avec l'Albanie à ne pas assurer ce genre de service minimum au sein des prisons avec des conséquences dramatiques. Notre pays mérite mieux qu’être assimilé à l’Albanie sur ce genre de sujet.

Bien sûr, le PTB est très malin, il insiste sur ce que les Belges veulent entendre. Il dénonce les privilèges des parlementaires, il propose de raser gratis et de tondre les millionnaires, il fait le show à chaque grève, il met en avant ses maisons médicales, mais il évacue nombre de sujets qui fâchent. Le PTB a réussi à rassembler le vote contestataire d’une partie de ceux qui veulent donner une claque au système et à la particratie. Il apporte même une certaine fraîcheur, car cela faisait longtemps que la Belgique francophone n’avait pas vu un nouveau parti réussir à s’imposer, montrant ainsi que l’exercice n’est pas impossible et peut donner l’idée à d’autres. Il serait cependant préférable que tous ceux qui montrent leurs agacements via leurs votes se rendent compte de l’implication qu’une victoire du PTB pourrait avoir, car cette dernière pourrait un jour se retourner contre eux.