Que pensez-vous de l'impasse politique au fédéral? Le courrier des lecteurs

Courrier des lecteurs
Que pensez-vous de l'impasse politique au fédéral? Le courrier des lecteurs
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Politique belge Je cherche un homme

L’Histoire raconte que Diogène le Cynique se promenait en plein jour dans les rues d’Athènes, brandissant une lanterne allumée en criant "Je cherche un homme !". Vingt-cinq siècles plus tard, sans vouloir être cynique, on imaginerait bien notre roi Philippe arpentant les environs du Palais, une torche Led à la main, prononçant avec découragement la même phrase. L’obstination de la plupart de nos dirigeants politiques à refuser le moindre compromis, à se boucher les oreilles aux arguments d’autrui, à privilégier l’aléatoire succès futur de leur parti plutôt que l’avenir de leur pays a quelque chose de profondément tragique. La classe politique se coupe un peu plus, chaque jour qui passe, de la population, faisant ainsi le lit de tous les extrémismes, de tous les populismes. Pendant tout ce long temps, aucun dossier important, aucune avancée ne peuvent aboutir. C’est l’enlisement béat. Le monde académique, le monde économique et industriel, le monde judiciaire, le monde associatif, tous commencent à sérieusement s’énerver. Il est plus que grand temps que se lève un homme providentiel (ou une femme providentielle) pour qu’enfin notre Roi puisse éteindre sa lampe, dont la pile s’épuise… En attendant, business as usual, les amis.Michel Bilquin

À TABLE…

Non, les quelques lignes qui suivent n’ont aucun rapport avec l’art de la table… Quoique ! J’évoque ici cet indispensable meuble de nos foyers mais aussi indiscutablement utilisé à maintes reprises par les milieux politiques : "autour de la table", "table de négociation", "quitter la table", "une table ronde", et j’en passe… Quelle heureuse jubilation pour les fabricants de "tables" tant l’usage répété de l’objet laisse supposer une consommation journalière (et même le dimanche !). Autour de ces panneaux à quatre pieds, se succèdent des personnages de milieux politiques bien affichés et aussi bien différenciés qui n’ont de cesse de dire tantôt "non" pour une idée qui n’est pas née chez eux, tantôt "oui, mais" quand une autre idée ne leur convient pas. Sans vouloir jouer l’exaspéré (et pourtant, j’en connais quelques-uns) puis-je émettre une suggestion citoyenne ou mieux, une interrogation inquiète ? N’est-il vraiment pas possible de trouver dans notre royaume une dizaine de femmes et d’hommes politiques qui, les coudes sur la table (encore une…) et la tête dans les mains, l’esprit concentré, pénétrés de la gravité du moment, tombent d’accord sur quelques principes fondamentaux aboutissant à mettre en commun un mode de gestion du pays avide d’être enfin "full gouverné" ? Sans cela, l’économie se ralentit, les citoyens sont dubitatifs, abattus devant l’incompréhensible, la réputation de notre pays ne suscite que quolibets moqueurs : "Ah, vous êtes belge !" Faute de mieux, on évoque un possible retour aux urnes. Pour quoi faire ? Changer les poids politiques recensés des divers partis ; un peu plus de gauche… un peu moins de droite… un centre qui ne se trouve pas… ? Les élus nouveaux auront-ils changé leur casquette, revêtu un autre costume et résolu enfin à tenir un langage accepté par tous ! Craignons bien que non. Ou plutôt, envisageons de nouveaux "tours de table". À un certain âge, on se plaît parfois à relire les "romans de cape et d’épée" qui ont enthousiasmé notre jeunesse… Replongé dans Le Bossu de P. Féval, je me prends à rêver que peut-être un jour, ("Capédédiou" comme le dit Cocardasse) sur le dos arrondi et bénéfique de ce porteur de chance, quelques courageux signeront un document que chacun respectera et qui constituera la base d’une gouvernance saine et durable… Allez, Messieurs, courage… À table.Mr Marlier

Arrêtons cette mascarade

La dernière visite des informateurs au Roi a duré quatre heures. Quatre heures de discussion, pour en arriver là, c’est-à-dire au point moins zéro. C’est plus que désespérant. On connaît tous un parti flamand qui n’attend qu’une chose : que l’on revote, sûr de lui. La stratégie de Bart De Wever est-elle de renvoyer le peuple aux urnes ? Je le pense bien. Il souhaite que le Vlaams Belang et son parti deviennent des incontournables en Flandre. Est-ce la fin de "l’Union fait la force ?" Pauvre politique belge, on descend de plus en plus bas.Chantal Peerenboom

La Belgique unitaire selon Georges-Louis Bouchez

Lors d’une interview accordée au magazine Wilfried, Georges-Louis Bouchez déclare sa préférence pour une Belgique unitaire, et à tout le moins la nécessité de transférer bon nombre de compétences régionales vers le fédéral. Comme il fallait s’y attendre, les nationalistes poussent des cris d’orfraies, allant même par la voix du président de la N-VA, prétendre qu’un tel scénario serait un retour dans le dix-neuvième siècle où les Flamands étaient des citoyens de seconde zone. Je ne vois pas en quoi la déconstruction progressive d’un État constitue une vision engageante de l’avenir, sauf bien entendu, dans le chef des nationalistes qui veulent déshabiller le niveau fédéral jusqu’à sa plus simple expression, avant son évaporation. On voit ce que le régionalisme à tous crins, cher à nos politiciens, a apporté comme progrès : des Régions qui se parlent peu, ne se connaissent plus, se neutralisent au nom des intérêts particuliers. À quand une circonscription fédérale, point de rencontre des électeurs du nord et du sud du pays ? Il n’y a rien de ringard à vouloir relancer notre pays qui a démontré les limites de sa lasagne institutionnelle. Refédéraliser des compétences est un retour vers le bon sens. Georges-Louis Bouchez a du courage à exprimer ce que d’aucuns considèrent à tort comme une impossibilité. C’est du pragmatisme.Juan Coppieters’t Wallant

Auschwitz voilà l’enfer

Auschwitz n’est pas tombé du ciel. Auschwitz n’est pas monté de l’enfer. Auschwitz est né nazi, mais Auschwitz est né aussi de l’inertie de tous les indifférents au sort d’autrui. La haine et l’indifférence, voilà l’enfer. Et la seule façon d’éviter l’enfer sur terre est de changer les cœurs de pierre en cœurs de chair… À chaque conscience de trouver les ressources que cela implique. Propos banal, vœu pieux ? Peut-être pas, quand le mal chez nous aussi reprend du poil de la bête.