La ministre Glatigny répond à l'étudiante qui s'insurge contre le report de l'examen d'entrée aux études de médecine

Contribution externe
La ministre Glatigny répond à l'étudiante qui s'insurge contre le report de l'examen d'entrée aux études de médecine
©Flémal & Reporters

Une réponse de Valérie Glatigny (MR), ministre de l'Enseignement supérieur, à la carte blanche d'Alice Collart

Chère Madame Collart,

Chers étudiants candidats aux études de médecine,

Comme déjà répondu via Facebook, nous partageons vos inquiétudes par rapport à la pénurie de personnel dans le secteur des soins de santé. C’est précisément la raison pour laquelle, comme en Flandre, le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a décidé de reporter l’examen d’entrée en médecine. En effet, il faut laisser suffisamment de temps pour permettre aux étudiants qui sortent de 6e secondaire de se préparer à cette épreuve d’admission, puisqu'ils n'auront pas eu, comme les autres années, les cours de math, bio, chimie, etc.

Nous avons aussi fait le choix, contrairement à ce qui a été mentionné, de conserver deux épreuves afin de maximiser le nombre potentiel d’étudiants reçus.

Vous le savez, nous devons respecter les mesures sanitaires décidées par le Conseil national de sécurité. A ce titre, il n’est pas envisageable à ce stade d’organiser le 3 juillet un examen rassemblant entre 3000 et 4000 personnes dans une même salle. En outre, selon les experts, les outils informatiques ne permettraient pas actuellement de garantir, pour un aussi grand nombre, les conditions adéquates de passation d’un examen à distance, que ce soit au niveau de l’équité entre les candidats, au niveau de la sécurité informatique ou encore de la protection des données. C’est pourquoi les examens d’entrée se feront en présentiel, le 28 août pour le premier examen, et au plus tard le 8 octobre pour le second.

Nous sommes bien conscients des difficultés psychologiques vécues par les étudiants en raison de la crise, et nous savons que pour la plupart d’entre vous, le choix de prendre part à l’examen d’entrée en médecine correspond à une aspiration profonde qui ne date pas d’hier. Nous sommes aussi conscients des difficultés financières pour ceux qui sont en kot. Le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a débloqué un montant de 2 285 000 euros à destination des établissements d'enseignement supérieur afin qu'ils puissent soutenir les étudiants directement impactés par la crise sanitaire. Les conseils sociaux des établissements d’enseignement supérieur sont disponibles pour les étudiants qui éprouvent des difficultés financières. Ces subsides sociaux peuvent servir pour le paiement d’un loyer ou l’acquisition de matériel informatique afin de suivre les cours ou de passer les examens à distance dans les meilleures conditions. Une demande de soutien peut être adressée à votre établissement.

Enfin, permettez-moi de souligner que comme vous, je ne suis pas persuadée par le principe selon lequel un examen d’entrée en médecine serait le meilleur moyen de maîtriser nos dépenses en soins de santé. Il me paraît raisonnable de se poser des questions sur la rationalité du système, en particulier dans le contexte actuel. Il reste qu’en tant que ministre de l’enseignement supérieur, il est de ma responsabilité de faire en sorte que, dans le cadre juridique actuel, un maximum de candidats puissent entamer un cursus, et que par ailleurs, ils disposent d’un maximum de garanties pour disposer d’un numéro Inami au terme de leurs études.