Appel à une enquête complète sur l'origine du Sars-Cov-2, si possible avec la participation du gouvernement chinois

Nous, scientifiques, encourageons la Chine à participer à une enquête complète sur les origines du Sars-Cov-2. Cette recherche doit absolument être poursuivie pour le bien commun. Dans le cas où le gouvernement chinois choisirait de ne pas participer, une enquête approfondie est néanmoins possible et a de grandes chances de réussir. Voici comment elle pourrait être menée.

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© Mario Hagen
Contribution externe

Lettre ouverte collective de 31 scientifiques internationaux (1).

Le 12 juin 2021, le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, a déclaré que les familles des millions de personnes qui sont mortes du COVID-19 "méritent de savoir quelle est l'origine de ce virus, afin que nous puissions éviter que cela ne se reproduise".

En accord avec ce souhait, les dirigeants du G7 ont publié le lendemain une déclaration commune appelant à "une étude de phase 2 sur les origines de la COVID-19, qui soit transparente, établie dans un délai raisonnable, dirigée par des experts, fondée sur la science, convoquée par l'OMS et également menée, comme le recommande le rapport des experts, en Chine".

En tant que scientifiques et médiateurs scientifiques ayant demandé une enquête complète sur les origines de la pandémie dans trois lettres ouvertes, publiées cette année (n°1, n°2 et n°3), nous nous félicitons de ces déclarations et demandons à nouveau une enquête scientifique complète sur toutes les hypothèses d'origine plausibles, dotée d’un accès illimité à tous les dossiers, échantillons et personnels pertinents en Chine, et ailleurs si nécessaire.

Tous les peuples et toutes les nations, y compris la Chine, ont un intérêt direct à ce que l'origine de la pandémie soit identifiée et que nos plus grandes vulnérabilités soient traitées. Il est donc particulièrement regrettable qu'aucune enquête exhaustive sur toutes les origines plausibles n'ait encore été menée, et qu'aucune ne soit actuellement prévue.

Pour les raisons exposées dans les précédentes lettres, nous pensons que le processus d'étude conjointe convoqué par l'OMS, dans sa forme actuelle, ne remplit pas les conditions pour être crédible en raison de graves lacunes structurelles (2).

Bien que l'étude conjointe convoquée par l'OMS ait été qualifiée par beaucoup d'"enquête de l'OMS", elle n'était ni dirigée par l'OMS, ni destinée à être une enquête. Comme l'a récemment précisé le Dr Tedros : "Il y a un malentendu. Le groupe [d'étude] venait de différentes institutions et de différents pays, et il est indépendant. Seuls deux membres du personnel de l'OMS se sont joints à eux. Le groupe a ensuite proposé son étude". Le chef de ce comité d'experts indépendants, Peter Ben Embarek, a également expliqué à plusieurs reprises que le processus d'étude conjoint n'était ni une enquête, ni conçu pour en être une.

En outre, les mesures notoires prises par le gouvernement chinois pour dissimuler les traces et empêcher les experts chinois de partager certaines informations essentielles et des données détaillées, montrent clairement que le processus actuel, sans changements significatifs, n'a aucune possibilité de mettre en place une enquête complète et crédible sur tous les scénarios plausibles.

Deux options

Échouer à mener une enquête approfondie sur les origines d'une pandémie fait courir des risques inutiles à tout le monde et aux générations futures. C’est pourquoi nous appelons les dirigeants du monde entier à adopter une approche suivant deux options pour garantir une enquête aussi complète que possible sur les origines d'une pandémie.

La première option consiste à inviter la Chine à coopérer pleinement à une enquête améliorée, convoquée par l'OMS, qui soit indépendante, fondée sur les données, et qui réponde aux conditions essentielles d'un processus crédible. Une telle enquête devrait :

  • Être fondée sur un mandat explicite d'investigation complète de toutes les hypothèses d'origine plausibles, y compris tous les scénarios possibles, soit d'une propagation zoonotique (dans la nature, un élevage, ou un marché), soit d’un accident lié à la recherche. Il est important de noter qu'un accident lié à la recherche ne doit pas nécessairement impliquer un virus non naturel, car de nombreux scénarios d'infection accidentelle liés à la recherche sont compatibles avec un virus collecté dans la nature, et non volontairement modifié génétiquement dans un laboratoire. Il peut s'agir de chercheurs infectés lors d'une expédition d'échantillonnage de chauves-souris, de chercheurs infectés durant leur travail dans l'un des divers laboratoires de Wuhan, ou de personnes extérieures aux laboratoires, infectées à la suite d'une fuite accidentelle d'agents pathogènes due à un traitement défectueux des eaux usées, à la défaillance d'un filtre à air, ou encore à une autre source de contamination environnementale (3) ;

  • Être dirigée par une équipe multidisciplinaire d'experts internationaux, rassemblant les domaines d’expertise nécessaires à l'examen des voies de propagation tant d’une zoonose que d’un accident lié à la recherche, notamment la virologie, l'épidémiologie, la zoologie, mais aussi les compétences traditionnelles de l’investigation scientifique, l'expérience des audits de laboratoire, les compétences en ingénierie, analyse et acquisition des données ;

  • Éviter tout conflit d'intérêts ou parti pris injustifié au sein de l'équipe d'experts, qui peuvent se manifester par des déclarations non étayées, le rejet répété des hypothèses liées à une origine non zoonotique, ou un partenariat de recherche antérieur et avéré avec des parties concernées par l’enquête ;

  • Donner à l'équipe d'experts les moyens de mener une enquête scientifique complète, ce qui doit inclure le plein accès à tous les dossiers, échantillons et personnels concernés, sur demande (sous couvert d'anonymat si nécessaire) et la possibilité d'organiser des entretiens confidentiels avec les experts chinois sans surveillance ni contrôle du gouvernement chinois, avec l'aide de traducteurs indépendants ;

  • Partager les données brutes avec des experts internationaux pour des études ultérieures, dans la mesure du possible, pour un retour d'information constructif et le respect de la transparence.

Comme il s'agit ici des conditions les plus élémentaires pour que tout processus crédible puisse être mené à bien, l'acceptation pleine et entière de tous ces termes par le gouvernement chinois devrait être une condition préalable nécessaire à toute nouvelle phase de l'étude conjointe convoquée par l'OMS.

Afin d'éviter que le processus de négociation et de planification ne s'étende sur plusieurs mois, voire plusieurs années, un délai inflexible de deux mois après la formulation de ces termes devrait être fixé pour leur acceptation par les autorités chinoises et pour le commencement d'une enquête complète sur le terrain en Chine. Nous espérons sincèrement que, pour le bien de l'humanité, le gouvernement chinois se joindra à un tel processus d'enquête complet et scientifique en tant que partenaire à part entière.

Et si la Chine refuse?

Toutefois, si les autorités chinoises n'autorisaient pas ce type d'enquête complète dans ce délai imparti, il serait alors évident qu'une deuxième option devrait être adoptée, dans le cadre de laquelle des groupes de nations, se coordonnant autour d'une autre organisation ou d'un autre mécanisme, devraient mettre en place une enquête alternative fondée sur la science et les données.

Bien que la décision sur la meilleure façon de mandater et de coordonner une telle enquête doive être laissée aux gouvernements et partenaires intéressés, les entités possibles pourraient inclure l'OCDE, le G7, le Quad (Dialogue quadrilatéral pour la sécurité) ou d'autres structures et institutions.

Ce type d'enquête alternative qui serait malheureusement menée sans la pleine participation du gouvernement chinois, souffrirait d'un manque d'accès à de nombreux dossiers, échantillons et personnels importants en Chine. Néanmoins, un grand nombre d'informations très pertinentes pourraient être recueillies sans la participation des autorités chinoises.

De fait, de nombreux enquêteurs gouvernementaux et individuels dans le monde ont déjà rassemblé et commencé à analyser des quantités importantes de données pertinentes. Un effort bien organisé et concerté, exempt d'interférences, s'appuyant sur toutes les sources d'information disponibles et impliquant un grand nombre d'experts, pourrait bien finir par fournir des preuves sans ambiguïté soutenant une hypothèse particulière ou une autre concernant les origines de la pandémie.

Une enquête menée sans l'aide des autorités chinoises devrait comprendre :

  • Des tests et des analyses minutieux d'échantillons hospitaliers et environnementaux provenant de divers pays afin de mieux comprendre l'émergence initiale et la propagation précoce du Sars-Cov-2 dans le monde ;

  • Une évaluation approfondie du commerce d'animaux d'élevage et d'animaux sauvages entre l'Asie du Sud-Est et la Chine, et à l'intérieur de la Chine, et de leur rôle potentiel dans la pandémie ;

  • Une analyse détaillée de tous les coronavirus connus apparentés au Sars-Cov-2 afin de reconstituer l'histoire évolutive du Sars-Cov-2 (sa géographie et ses relations phylogénétiques) ;

  • Une évaluation quantitative systématique des principales caractéristiques du Sars-Cov-2 afin de clarifier les déclarations concernant son origine ;

  • Une évaluation semi-quantitative générale du poids actuel des preuves en faveur de chaque scénario possible, afin de favoriser un débat rationnel et de contribuer à la poursuite des efforts de recherche sur les points clés ;

  • Une recherche systématique d'informations et de documents manquants sur les séquences virales clés, notamment :

    • La base de données principale du Wuhan Institute of Virology (WIV) sur les agents pathogènes, les échantillons et les isolats, qui a été mise hors ligne en septembre 2019 et jamais réintégrée, et les autres bases de données gérées par le WIV qui ont été mises hors ligne ;

    • Des informations provenant de la base de données de séquences GenBank du NCBI, y compris les courriels échangés concernant la soumission de la première séquence génomique du Sars-Cov-2 (MN908947.1) par Zhang et al., rendue accessible sur Genbank le 12 janvier 2020 ;

    • Des informations provenant de la base de données GISAID, notamment la séquence virale et les métadonnées associées au numéro d'accession EPI_ISL_402122, qui ne sont plus disponibles sur GISAID et qui correspondent probablement à un patient de la phase précoce de l’épidémie Covid-19 ;

  • L'acquisition et l'examen, conformément aux déclarations communes en faveur d'une enquête complète et transparente par les États-Unis et la Commission européenne, des communications, documents et données pertinents provenant des parties suivantes :

    • Les partenaires nord-américains du WIV :

  • EcoHealth Alliance, en particulier concernant les études en Asie sur les chauves-souris et sur le commerce des pangolins.

  • United States Agency for International Development (USAID), notamment en ce qui concerne leur travail en Chine dans le cadre des projets "PREDICT" et "PREDICT-2", et la collecte d'échantillons en Asie ;

  • National Institutes of Health, notamment en ce qui concerne les projets 1R01AI110964-01 et 2R01AI110964-06 intitulés "Understanding the Risk of Bat Coronavirus Emergence".

    • Les partenaires européens du WIV :

  • La Commission européenne, en particulier les documents relatifs aux fonds alloués au WIV dans le cadre de l’Horizon 2020 et d'EVA-G, y compris ceux réservés jusqu'à la période de 2023, la correspondance avec la WIV, ainsi que le rapport intermédiaire du WIV qui a été mentionné par la Commission européenne ;

  • Les institutions de recherche françaises (Inserm, Institut Pasteur, Fondation Mérieux), concernant la documentation relative à leur coopération établie en 2014 avec le WIV, ainsi que les fonds qui ont été alloués au WIV depuis ;

  • L'inspection des documents (manuscrits soumis, séquences soumises, lettres d'accompagnement, commentaires des évaluateurs et éditeurs, réponses des auteurs) associés au processus d'évaluation par les pairs d’articles scientifiques clés (4), qui peuvent permettre de récupérer des données supplémentaires, ainsi que des informations pertinentes ;

  • La création d'un programme sécurisé pour les lanceurs d’alerte permettant de partager sans risque des informations provenant de Chine et de l'étranger ;

  • L'examen des preuves scientifico-légales recueillies par les agences de renseignement et les spécialistes de l'Open Source Intelligence, y compris une cartographie détaillée des principales équipes de recherche, de leurs objectifs déclarés, de leur travail au moment de l'épidémie, de leurs moyens, et une évaluation des conditions de sécurité dans leurs laboratoires, ainsi que de tout événement intéressant au sein ou autour de ces laboratoires.

Il est nécessaire d’offrir au gouvernement chinois toutes les possibilités de participer à une enquête exhaustive sur les origines de la pandémie, mais il ne faut pas lui accorder un droit de veto sur le fait que le reste du monde mène ou non une enquête aussi complète que possible.

Le processus en deux options proposé ici encourage la Chine à participer à une enquête complète, scientifique et fondée sur des données, si elle le souhaite, comme d'autres pays l'ont déjà fait pour les épidémies de zoonoses et les accidents de laboratoire.

Toutefois, au cas où, malheureusement, le gouvernement chinois choisirait de ne pas se joindre à ce processus, une enquête approfondie sur les origines du Sars-Cov-2 restera toujours possible, aura des chances réalistes de succès et devra être poursuivie pour le bien commun.

>>> (1) Liste des signataires:

  1. Parise Adadi, Doctorant, Département des sciences de l'alimentation, Université d'Otago, Dunedin, Nouvelle-Zélande (0000-0003-4724-9463)
  2. Rahul Bahulikar, PhD, Senior Scientist, BAIF Development and Research Foundation, Pune, Inde (0000-0002-0442-4607)
  3. Colin D Butler, Professeur honoraire de santé de la population, Australian National University, Canberra, Australie (0000-0002-2942-5294)
  4. Jean-Michel Claverie, Professeur émérite de médecine, virologue, Aix-Marseille Université, France (0000-0003-1424-0315)
  5. Fabien Colombo, Doctorant, Communication et sociologie des sciences, MICA, Université Bordeaux Montaigne, France
  6. Virginie Courtier, Généticienne de l'évolution, Directrice de recherche, Institut Jacques Monod, CNRS, Paris, France (0000-0002-9297-9230) (Co-Organisatrice)
  7. Francisco A. de Ribera, Ingénieur industriel, MBA, MSc(Res), Data scientist, (0000-0003-4419-636X), Espagne
  8. Yuri Deigin, Youthereum Genetics Inc, Toronto, Canada
  9. Gilles Demaneuf, Ingénieur et Data Scientist, Auckland, Nouvelle-Zélande (0000-0001-7277-9533) (Co-Organisateur)
  10. Richard H. Ebright, Professeur de chimie et de biologie chimique, Rutgers University, USA
  11. Andre Goffinet, Professeur émérite, Faculté de médecine de l'Université de Louvain, Bruxelles, Belgique
  12. François Graner, biophysicien, directeur de recherche, CNRS et Université de Paris, France (0000-0002-4766-3579)
  13. José Halloy, professeur de physique, biophysique et développement durable, Université de Paris, France (0000-0003-1555-2484)
  14. Sk.Sarif Hassan, PhD, professeur adjoint de mathématiques, Pingla Thana Mahavidyalaya, Bengale occidental, Inde
  15. Makoto Itoh, professeur titulaire, Université de Tsukuba, Japon (0000-0002-4904-1466)
  16. Bernd Kaina, Professeur émérite de Toxicologie, Université de Mainz, Allemagne
  17. Hideki Kakeya, Professeur associé, Université de Tsukuba, Japon (0000-0003-3788-9133)
  18. Milton Leitenberg, chercheur principal, Université du Maryland, USA
  19. Kenneth Lundstrom, Ph.D., PDG, PanTherapeutics, Lutry, Suisse
  20. Rodolphe de Maistre, MSc, ingénieur, MBA, France
  21. Jamie Metzl, Senior Fellow, Atlantic Council, États-Unis (co-organisateur)
  22. Kazunobu Oyama, professeur, Université de Kanagawa, Japon
  23. Giorgio Palù, MD, professeur de microbiologie et de virologie, ancien chef de la société européenne et italienne de virologie, département de médecine moléculaire, université de Padoue, Italie.
  24. Steven Quay, MD, PhD, anciennement professeur adjoint, département de pathologie, faculté de médecine de l'université de Stanford, États-Unis (0000-0002-0363-7651)
  25. Monali C. Rahalkar, Dr.rer.nat. Scientifique D, Agharkar Research Institute, Pune, Inde (0000-0003-0945-4378)
  26. Rossana Segreto, PhD, Département de microbiologie, Université d'Innsbruck, Autriche (0000-0002-2566-7042)
  27. Ángel Serrano-Aroca, professeur de biotechnologie, Universidad Católica de Valencia San Vicente Mártir, Espagne (0000-0002-2566-7042)
  28. Koichi Sumikura, Professor, National Graduate Institute for Policy Studies, Japan
  29. Günter Theißen, Dr. rer. nat., professeur de génétique, Friedrich Schiller University Jena, Allemagne
  30. Jacques van Helden, Professeur de bioinformatique, Aix-Marseille Université, France (0000-0002-8799-8584).
  31. Roland Wiesendanger, Dr. phil., Professeur de physique, Université de Hambourg, Allemagne (0000-0002-0472-4183)

>>> (2) Les principales faiblesses du processus d'étude conjointe, et du rapport de phase 1 qui en résulte, sont les suivantes :

  • Le mandat de l'Assemblée mondiale de la santé prévoyait une étude conjointe de "l'origine zoonotique du virus" plutôt qu'une enquête exhaustive sur toutes les origines plausibles, ce qui a ouvert la voie à un processus essentiellement axé sur l'examen des hypothèses relatives aux origines naturelles, avec très peu d'efforts consacrés à un accident lié à la recherche ;
  • Les termes de référence (TdR) de ce processus essentiel ont été négociés à huis clos entre la Chine et l'OMS, sans contribution connue des États membres autres que la Chine, et n'ont été rendus publics que plusieurs mois après leur finalisation ;
  • Les TdR ont accordé au gouvernement chinois un droit de veto effectif sur les personnes susceptibles de participer au comité international d'experts ;
  • Le processus de sélection du comité international d'experts n'était pas transparent ;
  • Plusieurs membres du comité international avaient d'importants conflits d'intérêts ;
  • Aucune disposition n'a été prise pour garantir que les experts internationaux aient accès à tous les dossiers, données et personnels pertinents ;
  • Les données brutes n'ont pas été fournies au comité d'experts internationaux, y compris sur demande ;
  • Aucune disposition n'a été prise pour permettre aux experts chinois de fournir des informations confidentielles aux experts internationaux sans crainte de représailles de la part des autorités gouvernementales chinoises ;
  • Sur les 120 pages du rapport principal de la phase 1, seuls deux paragraphes étaient consacrés à une origine possible liée à la recherche ;
  • La probabilité de chaque scénario a été déterminée par un vote à main levée devant des représentants du gouvernement chinois ;
  • De multiples incohérences ont été relevées dans l'annexe D7 du rapport et ont été énumérées dans le supplément de notre lettre n°2.

>>> (3) L'hypothèse d'un accident lié au laboratoire comprend trois scénarios d'infection accidentelle qui ont été détaillés dans l'annexe A de notre lettre n° 3 :

  1. Un chercheur ou un assistant est infecté sur un site d'échantillonnage de chauves-souris et ramène l'infection à Wuhan.
  2. Un chercheur, un étudiant ou un employé est infecté dans l'un des divers laboratoires de Wuhan connus pour travailler sur les coronavirus de la chauve-souris, généralement au niveau P2 ou P3 (infection acquise en laboratoire - IAL). Voici quelques exemples d'infections acquises en laboratoire :
    • Foyer d'hantavirus dans une université du Yunnan (Chine) en 2003, associé à des rats de laboratoire et à des pratiques de sécurité laxistes (article de Shi Zhengli et al.)
    • Des IAL liés au SARS dans un P3 de Singapour et un P4 de Taiwan en 2003, qui ont fait l'objet d'une enquête approfondie de l'OMS.
    • Plusieurs IAL liés au SARS dans un P3 supérieur en Chine en 2004, avec une enquête limitée dont l'OMS s'est finalement retirée.
    • IAL de Brucellose à Harbin (Chine) en 2011 en raison de pratiques de sécurité laxistes.
  3. Une personne à l'extérieur d'un laboratoire est infectée par un agent pathogène qui s'est échappé, sans que personne dans le laboratoire lui-même ne soit infecté - par exemple en raison d'un mauvais traitement des eaux usées ou d'une défaillance du filtre à air (une fuite de laboratoire sans LAI). Exemples :
    • Accident d'anthrax respiratoire à Sverdlovsk (ex-URSS) en 1979, dissimulé pendant de nombreuses années.
    • Épidémie de fièvre aphteuse en Grande-Bretagne en 2007.
    • Épidémie de brucellose à Lanzhou, en Chine, en novembre 2019.

Pour les différents scénarios concernant le virus (naturel ou issu de la recherche), voir l'annexe B de notre lettre n°3.

>>> (4) Voici une liste d'articles pour lesquels les documents associés au processus d'évaluation par les pairs peuvent aider à récupérer des données et des informations supplémentaires, par exemple en ce qui concerne les séquences précoces du SARS-CoV-2 et des virus apparentés :

>>> Cette lettre a été initialement rédigée en anglais. Le chapô est de la rédaction.

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