Courrier des lecteurs : un dernier tour d'horizon avant de prendre le large

Contribution externe
Courrier des lecteurs : un dernier tour d'horizon avant de prendre le large

Football

Notre sélection nationale est une bonne équipe moyenne

Certes, la population belge est déçue (voire très déçue) de la défaite des Diables face à l’Italie. C’est normal. Pour autant, au vu de la rencontre, elle est logique et méritée. Quelques explications sont nécessaires. Et elles sont limpides : 1) l’absence d’Eden Hazard ; 2) Kevin De Bruyne a joué très courageusement, mais il était encore blessé et n’a pu exprimer toute sa classe ; 3) la porosité de la défense, notamment, chez Vertonghen, Meunier ; 4) surtout, la classe, la qualité, la rapidité de l’Italie ont surclassé par moments les Belges sur le plan technique et sur le plan de l’organisation. Il n’y eut donc pas photo, notre équipe n’a pas justifié sa place de n°1 mondial qu’elle va perdre à juste titre. Conclusions : 1) cette génération dite "dorée" n’a pas ou plus les capacités techniques et d’organisation pour gagner une grande compétition ; 2) cette réputation de forte équipe est surévaluée et injustifiée. C’est devenu une bonne équipe moyenne, pas plus.

Gérard Carlier, Wavre

Défense

Soyons conscients des enjeux géopolitiques

L'opinion publiée dans La Libre du vendredi 2 juillet et intitulée "Ne menons pas notre armée sur une voie conservatrice et dangereuse" semble un copier-coller du discours tenu ici dans les années 30. "L'Allemagne ne fait pas le poids face à la puissance militaire des démocraties. Même un dictateur peut être réceptif à un discours conciliant. Et ce qui se passe en Éthiopie avec Mussolini, en URSS avec Staline ou en Chine avec les Japonais ne justifie pas une intervention concrète. Les accords de Munich, qui assurent la paix à notre génération, sont le triomphe de la politique de la main tendue." Nous connaissons la suite. Aujourd'hui, le président Poutine honore la force. Il a mené l'Anschluss avec la Crimée et soutient puissamment les séparatistes ukrainiens. Peut-on reprocher à nos mandataires de ne pas refaire les erreurs de ceux qui les ont précédés ? Certes, ils en commettent aussi. Mais cela est une autre histoire.

Eric Vanhoren

Service public

À propos de la suppression de la publicité dans "Matin Première"

Voici ma réaction à partir de l'article paru sur le site de La Libre le 30 juin, relatif à la disparition de la publicité de la matinale de La Première à partir de ce 1er juillet. Il ne faut hélas pas se réjouir, pour trois raisons. Premièrement, la seule diminution de la pub est là pour plaire aux politiques et aux personnes plutôt intellectuelles qui écoutent Matin Première. Rien n'est en effet prévu, en radio à la même heure, sur Vivacité, pour un auditoire sans doute beaucoup plus perméable aux messages publicitaires. Deuxièmement, lisez bien l'article ! Aucune autre diminution publicitaire n'est prévue avant bien longtemps. C'est catastrophique car l'objectif doit être non pas de diminuer, mais de supprimer toute la pub et le sponsoring, et de créer un autre modèle de service public utile. Enfin, ce qui est prévu va affaiblir économiquement le service public. Nous souhaitons l'inverse car nous sommes des amis du service public. C'est à croire qu'il n'y a que le MR dans ce gouvernement MR-PS-Écolo ! En effet, une suppression rapide et totale de la publicité permet de créer un autre modèle économique, avec dans les programmes moins de divertissements qui coûtent si cher (The Voice, par exemple), avec la possibilité de ne plus cofinancer le CIM… Ici, rien n'est changé fondamentalement, et on garde tout ce que la publicité force à faire à la RTBF et qui coûte des fortunes [...].

Bernard Hennebert

Écologie

En souvenir du frigo de mes parents

Dans la foulée de cette dramatique crise sanitaire, une forme d'espoir naît : une relance sur des bases plus respectueuses des hommes, et de la nature. Les idées fourmillent, les nécessaires débats et arbitrages sont nombreux : nouvelles mobilités, nouvelles sources d'énergie, sobriété de vie… Un élément cependant me semble étrangement manquer au débat : la durée de vie des équipements que nous acquérons. J'ai été à ce titre particulièrement interpellé par le débat autour des véhicules électriques, avec les pros défendant la réduction d'utilisation des énergies fossiles, et les contres prétextant qu'il faudrait au moins 200 000 kilomètres parcourus avant que la voiture électrique ne livre un réel bénéfice environnemental (alors que je lisais dans ces colonnes que la durée de vie moyenne était à peine plus élevée pour ce type de voitures). Les deux n'ont-ils pas raison ? Bien sûr, il faut s'affranchir d'une énergie délétère pour l'environnement, mais tant qu'à opter pour le changement, allons au bout de nos idées. Certes, il a fallu du génie pour inventer un moteur à combustion aussi complexe. Sa durée de vie est limitée par son type de fonctionnement. Le moteur électrique, lui, hormis ses roulements, est dépourvu de pièces d'usure. Pourquoi donc ne pas imposer à cette nouvelle génération de véhicules une obligation minimale d'utilisation, de 500 000 voire d'un million de kilomètres ? Cela engendrerait moins de renouvellement de véhicules et probablement plus d'entretiens locaux… Il en va de même pour bon nombre d'équipements. Combien avons-nous dû en remplacer alors qu'il n'y avait aucune raison de renouvellement technologique important ? Désormais, il semble normal de devoir remplacer un PC, une imprimante, un smartphone après 3 ou 4 ans ; un frigo ou une machine à laver après 7 ou 8 ans. Pourquoi le frigo de mes parents a-t-il livré plus de 50 ans de bons et loyaux services ?

Est-ce l'exploitation des ressources naturelles qui est délétère ou le taux de renouvellement anormalement élevé des équipements qui en sont issus ?

Philippe Canivet