La particratie et la division nuisent gravement à la santé notre pays

La Belgique a besoin d’un projet d’avenir. Un projet visionnaire et ambitieux de nature à donner confiance pour l’avenir. Les défis sont énormes, et c’est en unissant nos forces que nous les relèverons, pas en nous séparant et en rejetant la responsabilité sur l’autre. C’est le message que les Belges attendent.

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© BELGA
Contribution externe

Une carte blanche de Paul Bosmans, Président de l’asbl BE2030-United for Belgium

Le président de la N-VA a annoncé, dans son vieux refrain séparatiste, qu'il souhaite négocier avec le PS, un nouveau cycle de « réforme de l'État ». "Nous voulons scinder le pays", déclare-t-il. Une vieille obsession idéologique en contradiction avec la majorité de la population, qui, tant au Nord qu’au Sud, n’est pas demandeur d’une scission. Depuis de nombreuses années, les Belges comprennent qu’ils payent le prix exorbitant d'une accumulation de régionalisations qui ont été conçues, non par pour améliorer la vie des Belges, mais pour satisfaire l’obsession idéologique d’apprentis sorciers de la politique.

Toutes ces réformes de l'État étaient censées « moderniser » l’Etat et être bénéfiques aux citoyens. Mais rien n’est moins vrai. Le morcellement des pouvoirs et des responsabilités est partout, et tout le pays en souffre. Tout le pays, sauf les mandataires politiques qui se distribuent allègrement les mandats et les fonctions pour conforter leur carrière et leur prospérité personnelle. Mais en quoi cela est-il profitable au contribuable belge ?

Une partie de notre classe politique et certains observateurs de la Rue de la Loi n’arrivent plus à imaginer d’alternatives à régionalisation. En l’absence de vision et d’idéal la séparation est devenue leur seul programme politique. Ils en ont fait un dogme. Encore et toujours, après chaque réforme, sans prendre la peine d’en évaluer la pertinence, ou plutôt d’en mesurer les conséquences, ils préparent aveuglément la suivante. Où est le bénéfice pour les Belges ? Nos finances publiques, hors de contrôle, nos infrastructures vieillissantes, nos soins de santé, au bord du gouffre, la justice, la mobilité, nos services sociaux, le chômage, l’environnement… ne sont-ils pas des sujets plus importants ?

En Belgique, le morcellement a entraîné une baisse des compétences et une disparition de la responsabilité politique.

Un exemple : tant en Flandre qu’en Wallonie, nous avons eu la débâcle des panneaux solaires, la gestion discutable de la crise sanitaire, les querelles au niveau de la politique environnementale et énergétique.

En matière de soins de santé, les sondages montrent que la plupart des Belges préféreraient un seul système et un seul Ministre responsable. En Flandre, la VRT a constaté, qu'il y a beaucoup plus de Belges néerlandophones qui sont favorables à la re-fédéralisation que de concitoyens qui sont favorables à encore plus de régionalisation. Le nombre de partisans d'une scission en Belgique reste faible, même si la N-VA et le VB remuent ciel et terre pour présenter tous leurs électeurs comme des adeptes des idées séparatistes - ce qui, bien sûr, ne correspond pas à la réalité. Les allocations familiales ont malheureusement été régionalisées, mais les enfants de ce pays sont-ils mieux lotis ? Certainement pas. La population ne retire aucun bénéfice des allocations familiales régionalisées.

Mêmes aspirations

Les partisans d'une régionalisation (ou d'un séparatisme) encore plus poussée aiment prétendre que le Nord et le Sud veulent des politiques fondamentalement différentes. Une affirmation systématiquement contredite par les enquêtes d’opinion. Celles-ci montrent que les Belges, partout dans ce pays, pensent de manière très similaire sur presque tous les sujets. L’opposition communautaire est volontiers cultivée dans les salons de la Rue de la Loi, mais il n'est guère ressenti au sein de la population, malgré l’effort de certains politiciens et partis politiques, d’attiser celle-ci. Le Belge, tant au Nord qu’au Sud veut un emploi décent, un revenu correct, des soins de santé de qualité, une pension honnête, une éducation de qualité pour leurs enfants, un système judiciaire qui fonctionne. Ces désirs ne diffèrent pas selon que l'on parle le néerlandais, le français ou l'allemand.

Il y a de nombreux points qui peuvent être améliorés lorsque nous examinons l'appareil gouvernemental de ce pays. Il pourrait être meilleur, plus efficace, plus professionnel, plus responsable et plus adapté aux besoins du citoyen. Mais il n'est pas nécessaire de séparer systématiquement pour y parvenir. De plus en plus de Belges sont fatigués du cirque communautaire, coûteux et fastidieux. Ils ne comprennent pas pourquoi ce pays de 11,5 millions d'habitants a besoin d'autant de gouvernements et de parlements. Par contre, ils observent que ce labyrinthe institutionnel est un obstacle à la bonne gestion et au développement.

Projet positif

La Belgique a besoin d’un projet d’avenir. Un projet visionnaire et ambitieux de nature à donner confiance pour l’avenir. Les défis sont énormes, et c’est en unissant nos forces que nous les relèverons, pas en nous séparant et en rejetant la responsabilité sur l’autre. C’est le message que les Belges attendent de leurs dirigeants et souhaitent voir diffusés par nos médias.

Le bon sens et l’avenir passe par la re-fédéralisation d’un grand nombre de compétences, en évitant les rancœurs communautaires et les débordements. Environnement, mobilité, économie, politique d'exportation, allocations familiales, politique de circulation, etc. : autant d'occasions de parvenir enfin à un projet enthousiaste, sans fixations communautaires.