La Cop 26 est notre dernier espoir pour que la température mondiale n'augmente pas de plus de 1,5 degré

Voici ce à quoi nous devons nous engager pour qu'elle soit une réussite, dans 100 jours.

La Cop 26 est notre dernier espoir pour que la température mondiale n'augmente pas de plus de 1,5 degré
©REPORTERS
Contribution externe

Une carte blanche de l’Ambassadeur d’Italie, M. Francesco Genuardi et de l’Ambassadeur britannique, M. Martin Shearman.

Dans 100 jours le Royaume-Uni, en partenariat avec l’Italie, organisera Cop 26, la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques qui aura lieu à Glasgow.

On a beaucoup écrit à propos des changements climatiques et de leur impact. La décennie passée a été la plus chaude jamais enregistrée. Les événements météorologiques extrêmes, comme la dernière dévastation au cœur de l’Europe ainsi qu’en Belgique, ont détruit des vies, les moyens de subsistance et l’environnement duquel tout dépend.

Nous savons ce qu’il faut faire pour relever ces défis. En 2015, le monde signait l’Accord de Paris pour réduire les émissions de gaz et pour maintenir la température mondiale en dessous de +2 degrés. L'idéal serait d'ailleurs de la maintenir sous le 1,5 degré supplémentaire.

Chaque fraction d’un degré fait une différence. La science démontre qu’une augmentation de la température de deux plutôt qu’1,5 degré signifie des centaines de millions de personnes supplémentaires affectées, avec deux fois plus de plantes et trois fois plus d’espèces d’insectes qui perdent de vastes étendues de leur habitat.

Pour cela, nous devons réduire de la moitié les émissions mondiales d’ici 2030. Il s’agit d’une décennie cruciale. Il faut agir de toute urgence. C’est pourquoi la Cop 26 est si essentielle.

Quatre objectifs

D'ici Glasgow, nous avons quatre objectifs essentiels qui vont être préparés à Milan à la fin du mois de septembre.

Le premier est de conscientiser tout le monde autour de l’objectif de zéro émission d’ici le milieu de ce siècle, et de la limitation de l’augmentation de la température mondiale à +1,5 degré. Nous demandons à tous les pays, la Belgique comprise, de rejoindre Glasgow avec des objectifs concernant la réduction des émissions pour 2030 et des plans scientifiques pour atteindre le "zéro émission" d’ici le milieu du siècle. Nous voulons arriver à un accord à Glasgow pour reléguer l’énergie houillère dans le passé, signer la fin des véhicules polluants, lutter contre les émissions de méthane et mettre fin à la déforestation.

Le deuxième est de protéger les peuples et la nature. Le climat a déjà évolué. Il continuera à changer même si nous réduirons les émissions. Nous avons besoin de toute urgence de meilleures défenses contre les inondations, d’infrastructures résilientes au climat, de systèmes d’alerte précoce plus efficaces et de cultures résistantes aux conditions climatiques extrêmes. Nous demandons à chaque pays d’arriver à Glasgow avec leurs priorités d’adaptation, prêts à s’engager et à agir pour éviter, minimiser et remédier aux pertes et aux dommages causés par le changement climatique.

Le troisième est de mobiliser les fonds. Les pays donateurs ont promis en 2010 qu’ils mobiliseraient 100 milliards de dollars par an pour aider les pays en voie de développement afin de faire face à l’impact du changement climatique d’ici la Cop 26. Nous devons atteindre cet objectif à Glasgow, mais nous en sommes encore loin. C’est crucial. Sans financements adéquats, les pays plus pauvres qui se trouvent en première ligne devant le changement climatique n’auront aucune chance de faire face aux effets d’une crise qu’ils n’ont pratiquement pas créée. Les pays développés ont investi des milliards de dollars pour faire face à la pandémie de Covid-19. Nous devons faire preuve de la même détermination en atteignant l’objectif de 100 milliards de dollars par an pour soutenir le climat international.

Le quatrième est la coopération au-delà des frontières et au-delà de la société. Cela implique de mobiliser les entreprises et la société civile et de renforcer la collaboration internationale dans des secteurs critiques. L’Italie veille à ce que les jeunes aient une voix à travers la conférence Youth4Climate qui se déroulera en septembre à Milan, et à ce que le continent africain soit placé au centre de l’attention pour ce qui concerne les défis environnementaux et climatiques grâce à une manifestation ministérielle de haut niveau à Rome en octobre. Bien sûr, la recherche d’un consensus entre les gouvernements sera cruciale pour le succès des négociations à Glasgow, y compris l’accord pour finaliser le Règlement de Paris, règles dont nous avons besoin pour assurer une comptabilisation équitable de la mise en œuvre des engagements climatiques.

La Cop 26 est notre dernier espoir pour que la température mondiale n'augmente pas de plus de 1,5 degré, et notre meilleure chance de bâtir un avenir meilleur. L’Italie et le Royaume-Uni, compte tenu des respectives présidences rotatives du G20 et du G7, feront tout en leur pouvoir pour que le monde saisisse cette occasion à Glasgow en novembre.


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