Un musée à la gloire de la grandeur passée de la Belgique à l'emplacement du Coudenberg ?

J'ai été désemparé d'apprendre que le magnifique bâtiment abandonné du Bozar situé juste au-dessus des vestiges du palais de Coudenberg symbole même de la grandeur et de la puissance de notre pays, puisse devenir la vitrine d'un seul artiste. Je défends plutôt l'idée d'un musée qui mettrait à l'honneur la gloire et la splendeur de nos contrées à l'époque de Charles Quint durant laquelle la Belgique brillait dans tous les domaines propre à la Renaissance.

Un musée à la gloire de la grandeur passée de la Belgique à l'emplacement du Coudenberg ?
©Sau-msi.brussels/Simon Schmitt
Contribution externe

Une carte blanche rédigée dans le cadre du Brussels Renaissance Festival par Nathan Haberman, étudiant.

Depuis plusieurs semaines, la polémique autour du musée du Chat de Philippe Geluck crée des débats enflammés. Certains critiquent l'idée d'une vitrine en faveur d'un seul artiste tandis que d'autres regrettent l'absence d'un musée d'art moderne. Cependant, il serait peut-être plus judicieux de considérer la compatibilité historique entre l'emplacement choisi près du palais royal et le thème du musée en lui-même. En effet, le bâtiment à l'abandon se situe juste au-dessus des vestiges du palais du Coudenberg, la demeure princière la plus extraordinaire d'Europe. Or, ce formidable édifice nous rappelle à quel point la Belgique et Bruxelles étaient le centre du monde sous le règne de Charles Quint et brillaient dans tous les domaines : scientifiques, artistiques, économiques, politiques et culturels.

Par conséquent, vu que le palais du Coudenberg était le cœur de l'excellente politique régionale des Habsbourg, il serait plus pertinent de fonder à cet emplacement un musée qui mettrait à l'honneur la gloire et la splendeur de nos contrées à l'époque de la Renaissance.

Les Pays-Bas Bourguignons, le phare de l'Occident

Au début du XVIeme siècle, les régions de la future Belgique mis à part la principauté ecclésiastique de Liège, appartenaient aux flamboyants Pays-Bas bourguignons, la plus prospère principauté du continent.

C'était un haut lieu de progrès et de développement dans les domaines de la science, de l'art, de la technique et de l'économie. Anvers était la plus grande métropole de l'hémisphère nord, le plus important port du monde et la principale place financière du continent.

De surcroît, nos régions abritaient certains des plus brillants esprits de la Renaissance qui révolutionnèrent notre perception du monde grâce à leur génie. Par exemple, Vésale réalisa à Bruxelles les premières dissections de l'histoire de la médecine moderne tandis que Mercator réussit à représenter correctement notre planète grâce à sa célèbre projection cartographique.

Toutefois, la Belgique était surtout reconnue pour son excellence artistique et son artisanat de luxe.

En effet, c'était la patrie de Bosch, Van Orley et Brueghel. Les nobles européens considéraient nos artisans comme des maîtres absolus. Personne ne pouvait produire de plus splendides retables, meubles, sculptures ou tapisseries.

Nous étions l'IKEA des rois et des princes ainsi que la Silicon Valley de la Renaissance.

Par ailleurs, Charles Quint résidait souvent à Bruxelles qui était donc devenue l'une des plus prestigieuses capitales du monde !

Malheureusement, ce prodigieux chapitre de notre histoire n'est presque pas enseigné et beaucoup de Belges ignorent cet âge d'or.

Ainsi, ce serait une merveilleuse idée d'ouvrir un musée qui serait consacré à cette extraordinaire époque et qui parcourerait l'ensemble des disciplines dans lesquelles excellaient les Belges d'antan tout en créant une meilleure continuité avec les enchantantes ruines du Coudenberg. Ce sera l'occasion de montrer aux touristes étrangers l'influence de notre petit pays sur la grande histoire de l'humanité ainsi que notre formidable savoir-faire multidisciplinaire tout en prouvant aux Belges combien ils peuvent être fiers de leur fabuleux passé.

Un enjeu stratégique pour la Flandre et pour la Belgique

En outre, il est important de mentionner que le Comté de Flandre et Anvers jouaient un rôle primordial dans la richesse des Pays-Bas bourguignons et que l'université de Louvain était le point de rencontre des plus influents humanistes et savants belges.

Dans ce cas, un musée à la gloire de la grandeur passée de la Flandre serait bien plus profitable pour la communauté flamande plutôt que de laisser ce fantastique bâtiment situé à proximité du parlement flamand et de l'hôtel Errera devenir le temple d'un seul auteur francophone. De plus, ce sera l'occasion de montrer que lorsque la Wallonie et la Flandre sont unis autour d'un immense monarque comme Charles Quint, notre pays peut resplendir et être une lumière pour le reste du monde. Enfin, ce musée pourrait représenter un formidable projet commun entre toutes les communautés linguistiques qui travailleraient en harmonie guidées par un véritable sentiment national et par un unique objectif : celui de la grandeur de notre pays.

>>> Le titre est de la rédaction. Titre original : " Grandeur et Splendeur de la Belgique à l'époque de Charles Quint".

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