"De grâce, ne ratons pas ces opportunités": plaidoyer pour que les étudiants se fassent vacciner

Alors que nous avons toujours souligné le manque de perspectives, se faire vacciner est donc une question de santé publique, tout autant qu'une question de cohérence par rapport à nos précédentes revendications.

"De grâce, ne ratons pas ces opportunités": plaidoyer pour que les étudiants se fassent vacciner
© AFP
Contribution externe

Une carte blanche de Lenny Ferretti, étudiant en droit à l’UMons en bachelier 2.

Cela fait 18 mois que nous vivons dans l’incertitude. 18 mois que nos libertés sont réduites à peau de chagrin. Et pour nous, les jeunes, 18 mois que notre vie scolaire est faite d’incertitudes et de craintes.

Certains d’entre nous - c’est mon cas - ont découvert la vie universitaire à distance et en étant confinés de temps à autre. Nous n'avons donc pas pu profiter ni découvrir toutes les facettes de la vie universitaire qui procurent pourtant tant de souvenirs.

Cela fait 18 mois que nous attendons une solution. Aujourd’hui, nous pouvons dire que nous l’avons. Cette solution a un nom : le vaccin. Nous l’avons depuis sept mois et les jeunes peuvent en bénéficier depuis environ trois mois.

À l’aube de la rentrée scolaire/universitaire, les protocoles définissant les règles que nous devrons respecter font leur apparition. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ces protocoles seront stricts, mais moins contraignants que tous ceux que nous avons connus. Un exemple : dans les universités, nous bénéficierons d’une rentrée en présentiel à 100% sans distanciation sanitaire - moyennant toujours le port du masque. Et ce, grâce à l’effort collectif qui est fait depuis de nombreux mois maintenant.

Mais… à l’aube de la rentrée, un imprévu fait peur : le variant delta. Pour lutter contre sa propagation, deux solutions simples et efficaces existent. Respecter les protocoles mis en place et se faire vacciner si ce n’est pas déjà fait. Malheureusement, si nous regardons les statistiques de vaccination, nous pouvons constater que parmi la tranche d’âge des 18-31 ans il y a chez certains une hésitation à se faire vacciner, alors que d’autres ne voient pas l’utilité de ce geste.

Les raisons prétendues, nous les avons déjà tous entendues… « Je ne risque rien, je suis jeune », « Mon entourage est vacciné », etc. Si ces personnes hésitantes ne sont pas à catégoriser comme étant « antivax », ces prétendus arguments sont erronés et fallacieux. D’un côté en effet, vous pourriez transmettre le virus - à des personnes fragilisées voire immunodéprimées - même si vous n’êtes personnellement pas gravement atteint. Pour ces personnes fragilisées, les conséquences pourraient être toutes autres. D’un autre côté, un cas positif reste un cas positif: plus il y en aura, plus le risque de voir des auditoires - et d’autres secteurs - fermer sera conséquent.

Certes, durant cette crise, il y a eu des manquements et nous n’avons pas toujours été écoutés, mais ici ces solutions ont le mérite d’être à notre bénéfice et en faveur d'une reprise sûre à long terme. Alors que nous avons toujours souligné le manque de perspectives, se faire vacciner est donc une question de santé publique, tout autant qu'une question de cohérence par rapport à nos précédentes revendications.

À la rentrée, le folklore sous conditions pourra reprendre. Des universités proposent déjà un testing, et des centres mobiles de vaccination seront présents à certains endroits. Autant dire que toute cette logistique mise à notre disposition est une perche qui nous est tendue ! Rajoutons à cela, une dimension sociale. Dans nos pays occidentaux, tout le monde a déjà eu l’occasion de se faire vacciner gratuitement, là où certains pays du tiers-monde peinent à se procurer des vaccins. Sous cet angle-là, la vaccination devient une question de santé publique, tout autant qu'éthique et morale.

De grâce, ne ratons pas ces opportunités, et vaccinons-nous. Pour vivre, pour étudier, pour s’amuser, pour nous protéger et protéger ceux que nous aimons.