Qui donc cherchons-nous à protéger qui justifie de sacrifier l’enseignement de nos enfants ?

Hier, c’était nos adolescents qui ont principalement été pris en otage des décisions de leurs ainés. Aujourd’hui, ce sont les enfants de moins de 12 ans qui en font injustement les frais.

Qui donc cherchons-nous à protéger qui justifie de sacrifier l’enseignement de nos enfants ?
©Blaise Dehon
Contribution externe

Une carte blanche d'Amelie et Brieuc Polet-Istasse, parents de 4 enfants en maternelles et primaires.

Ces derniers mois, nous avons tous été amenés à faire des choix auxquels nous n’étions pas préparés, que nous n’aurions jamais pu imaginer.

Pour n’en pointer que certains, les plus cruciaux sans doute, il y a d’abord celui des autorités qui ont largement opté pour la vaccination facultative de leurs populations en vue de sortir de cette crise sanitaire. En conséquence directe de ce premier choix, nous avons tous dû en poser un second. Certains ont choisi de se faire vacciner, d’autre pas. Tous, nous avons pris ces décisions en âme et conscience, dans l’espoir et la perspective d’un retour à une vie normale. Dès lors que les autorités n’imposent pas la vaccination (c’est un autre débat), le choix de chacun mérite d’être respecté.

L’heure est maintenant venue à chacun d’assumer ses positions.

Les autorités doivent assumer les annonces faites d’un retour à la vie normale et prendre les mesures en conséquences. Les vaccinés assument d’ores et déjà leur choix et les risques potentiels que cela comporte. Il en va de même pour les non-vaccinés qui considèrent que le risque lié à la contraction de la maladie est moins contraignant ou important que celui de se faire vacciner.

Face à la pandémie, les autorités ont opté pour une stratégie et chacun a décidé de son positionnement selon ses convictions.

Pourtant, tout le monde n’a pas eu ce loisir… nos enfants n’ont jamais eu voix au chapitre.

Hier, c’était nos adolescents qui ont principalement été pris en otage des décisions de leurs ainés. Aujourd’hui, ce sont les enfants de moins de 12 ans qui en font injustement les frais.

Ces derniers sont depuis plusieurs semaines soumis à des quarantaines multiples et autres tests PCR à répétition peu importe qu’ils présentent ou non des symptômes ou qu’ils aient été ou non en contact avec des cas avérés. Comme si cela ne suffisait pas, ces mesures s’accompagnent de ralentissements du rythme scolaire, de fermetures de classes, voire de fermetures d’écoles au grand complet.

Depuis bientôt deux ans, la scolarité de nos enfants est gravement ralentie et interrompue avec, pour conséquence inévitable, une cohérence pédagogique défaillante et une diminution drastique tant qualitative que quantitative de l’enseignement. Force est de constater que c’est l’un des droits fondamentaux de nos enfants qui est ainsi bafoué. La situation et l’imbroglio des règles applicables sont tels que des enfants, même testés négatifs, se voient interdire l’accès à l’école pour cause d’absence d’instituteurs, eux-mêmes en quarantaine pour des périodes plus ou moins longues selon qu’ils soient soit en attente du résultat d’un test, soit positifs, soit non-vaccinés.

Prenons un peu de recul et posons-nous les bonnes questions.

Qui cherchons encore à protéger en imposant à nos enfants les conséquences de ces mesures de testing et de quarantaine ?

Les vaccinés ? Ils sont censés être protégés. Soutenir que les mesures visent à protéger cette frange de la population reviendrait tout simplement à faire un retentissant aveu d’échec de la stratégie décidée par les autorités.

Les non-vaccinés ? Ils ont fait le choix ou considéré moins risqué de revenir à la vie normale sans la protection qu’est supposé offrir le vaccin. Il ne pourrait être admis que, pour protéger cette catégorie, le reste de la population et, tout particulièrement, les enfants subissent les conséquences de mesures prises pour protéger les non-vaccinés. Cela reviendrait en plus à interdire aux non-vaccinés d’assumer leur choix.

Les enfants ? Ils ont toujours été considérés comme non à risque. La plupart d’entre eux sont d’ailleurs asymptomatiques (ou, tout au plus, très légèrement symptomatiques). Aucune recommandation ou invitation au vaccin ne leur a été faite. Ils n’y ont simplement pas accès.

Qui donc cherchons-nous encore à protéger qui justifie de sacrifier l’enseignement de nos enfants ?

Toutes les mesures ont été prises pour que le virus puisse désormais circuler avec un risque raisonnable, pourtant les règles applicables dans les écoles semblent rechercher à nouveau l’objectif initial d’avant vaccin : empêcher la circulation du virus. Il est grand temps de considérer le covid autrement et de vivre avec ce virus comme nous vivons avec tant d’autres.

Mesdames, Messieurs les décideurs, il est maintenant urgent d’assumer votre stratégie et d’offrir à votre population le retour à une vie normale tant annoncée et promise pour défendre vos décisions.

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