Non, les effondristes n'ont pas raison

Leur bruit et la place qu’ils occupent partout, y compris dans les médias, nous empêchent parfois de voir et d’entendre l’action de ceux qui travaillent en silence.

Non, les effondristes n'ont pas raison
©Pixabay

Une chronique de Francis Van de Woestyne

Nous avons tous et toutes de multiples raisons de nous plaindre. De choses futiles ou graves. D’un voisin bruyant. D’une gouttière qui fuit. Du temps qui passe trop vite. Ou trop lentement. Du coût de la vie. Des menaces qui pèsent sur l’avenir de la planète. De l’indolence à y répondre. Des embouteillages et des enfantillages. De la haine qui domine les réseaux sociaux. De la pandémie… Des restrictions de nos libertés. Des consignes qui changent à chaque Codeco. Des masques qu’on abandonne puis qu’il faut reporter illico. Des vaccinés qui narguent les non-protégés. Des antivax qui croient tout savoir pour tout refuser. Que dire des malades, en danger de mort, dont on reporte encore et encore l’opération et qui attendent, la peur au ventre, une petite place en soins intensifs, pour être pris non pas morts mais toujours vifs ?

Oui, nous avons tous et toutes de multiples raisons de nous plaindre. Même si, parfois, il suffirait de lever les yeux, de regarder au loin. Pour voir là-bas, des hommes, des femmes, des enfants, prisonniers entre deux barbelés. Réfugiés sans terre qui errent d’une dictature à un pays barricadé dans son armure. Et la Manche qui devient à son tour un cimetière marin géré par des passeurs assassins.

Aider, en toute discrétion

En Europe, on marche pour la liberté. Songe-t-on à ceux qui en sont réellement privés ? Ici, tout le monde semble avoir des raisons de battre le pavé. Chaque jour, les manifestants ne songent qu’à récidiver. Et tant pis pour ceux qui tentent d’aller travailler…

Dans ce monde qui semble tourner de guingois, osons, quand même relever quelques sources de joie. Quoi ? N’avez-vous donc aucune compassion pour toutes ces voix ? Si. Mais justement. Leur bruit et la place qu’ils occupent partout, y compris dans les médias, nous empêchent parfois de voir et d’entendre l’action de ceux qui travaillent en silence.

Sait-on par exemple, que la plupart des grandes entreprises belges et étrangères, de grandes familles ou de généreux anonymes disposent de Fondations dont les objectifs principaux sont de venir en aide aux désargentés, aux réfugiés, aux paumés, aux enfants déscolarisés, aux ménages détricotés, aux jeunes en manque de stabilité.

On dénombre en Belgique près de 500 fondations d’utilité publique et plus de 800 fondations privées qui ont pour objectif l’action sociale, la culture, l’enseignement, la santé, les sciences, l’environnement, le développement durable, l’entrepreneuriat, le développement international ou la diffusion de valeurs communes ou spirituelles.

Ici, il s’agira d’accompagner les jeunes de l’enseignement à devenir acteur de leur vie, là d’offrir des ordinateurs, des tables, des chaises à une école de devoirs qui accueille les enfants d’un quartier difficile. D’autres projets ont choisi d’établir des liens plus efficaces entre les écoles et les entreprises, ou encore de former des ambassadeurs du climat pour sensibiliser les jeunes aux défis climatiques. Des fondations offrent proposent à des jeunes de se former au chant, à la magie qu’il peut engendrer pour rassembler garçons et filles, quelles que soient leurs origines.

La détresse des enfants suscite aussi de belles générosités, que ce soit pour les encourager à lire, à voyager ou pour trouver des familles qui accueilleront, le temps d’un week-end, des jeunes en souffrance.

Arrêtons de nous diviser

Oui, l’époque est rude. Les pessimistes, les populistes, les effondristes, les à-quoi-bonistes ne nous offrent que de sombres perspectives et font croire que l’homme et la femme, en temps de crise, ne pensent qu’à se replier, à déprimer. Alors que partout, des signes nous montrent que les cœurs s’ouvrent, que les mains se tendent vers ceux qui n’ont rien. La pandémie nous afflige, nous épuise, nous sépare. Contre vents et marées, contre virus et variants, sachons garder le cap de l’humanité, de la générosité. Arrêtons de nous diviser entre provax et antivax, entre jeunes et vieux, entre urbains et campagnards, entre X et Y. Les hommes et les femmes, unis dans le même élan, n’ont pas besoin d’armes, de mots qui blessent ou tuent pour réparer la société et préparer celle de demain. Mais de solidarité. Favorisons ce qui nous rassemble. Luttons contre le virus de la division.

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