Ne pas se faire vacciner est un geste irresponsable

Le vaccin diminue considérablement le risque de devoir respirer à l’aide d’une assistance. Ceux qui le refusent - c’est leur choix - imaginent-ils les conséquences ? Témoignage.

Contribution externe
Ne pas se faire vacciner est un geste irresponsable
©AFP

Une carte blanche de Clémence de Briey, diplômée en sciences politiques et sociales.

Cette carte blanche est publiée en regard d'un autre texte intitulé: "Arrêtons de stigmatiser les non-vaccinés".

Imaginez un accident de la route. Un carambolage en pleine nuit, plusieurs voitures impliquées, de nombreux blessés, des morts… À son origine, un homme ivre. Il a passé une belle soirée, un peu trop arrosée, il a repris le volant car après tout c’est son choix, sa voiture, sa liberté… Il s’engage sur la voie publique, il percute une voiture qui en percute une autre et ainsi de suite, c’est l’effet domino. Les voitures s’emboîtent les unes dans les autres comme des pièces de Lego. Un terrible accident, des dégâts considérables, des vies gâchées, tout cela en un battement de cils. C’est l’histoire d’un homme irresponsable qui détruit la vie de quelques personnes innocentes qui étaient sur sa route, mais aussi celle de sa propre famille et des autres pour qui la vie a basculé par un simple coup de fil, par quelques petites secondes irréversibles.

Voilà, un homme a été irresponsable et égoïste et d’autres en ont payé le prix.

L’histoire d’une injustice

Imaginez une pandémie. Des milliers de morts partout dans le monde, un masque qui du jour au lendemain devient l’accessoire indispensable de chacun, des gestes barrières impersonnels à adopter, des hôpitaux inondés, des soignants fatigués, des hommes et des femmes découragés et effrayés. Un vaccin fait son apparition, il diminue le risque de devoir respirer à l’aide d’une assistance, c’est comme une lumière au bout du tunnel.

Imaginez un patient atteint d’un cancer du poumon. Nul besoin d’être médecin pour savoir qu’un cancer évolue, et vite. Il faut opérer donc, mais ce patient qui se bat pour vivre se voit imposer un délai, un report de l’opération. C’est comme quelqu’un qui attend son train le matin, qui voit les minutes de retard augmenter à chaque instant mais qui garde espoir que son train arrivera. Le cancer lui, n’attend pas pour grandir. Il s’installe, il envahit, il tue.

À l’origine de ce report, un autre patient, celui-là atteint du Covid-19, virus responsable de la pandémie. Il a refusé de se faire vacciner car après tout c’est son choix, son corps, sa liberté… Il est désormais mal en point, il lui faut une assistance respiratoire, comme à beaucoup d’autres patients hospitalisés pour les mêmes raisons. Ce patient est fumeur. Le virus le touche davantage vu la fragilité de ses poumons, pourtant il a refusé de se faire vacciner. Il ignore ce que contient le vaccin, il se refuse à recevoir deux à trois petites injections qui peuvent le sauver, mais qui peuvent aussi sauver cet autre patient atteint d’un cancer du poumon, qui lui n’a jamais fumé de sa vie et qui attend désespérément de pouvoir être opéré.

C’est l’histoire d’une injustice, l’histoire de milliers d’hommes et de femmes qui font un choix irraisonné et irresponsable au nom de la liberté, une liberté dont ils ne connaissent pas le véritable sens.

Voilà, des hommes et des femmes ont été irresponsables et égoïstes et d’autres se voient contraints d’en payer le prix.

Maintenant, pensez à cet homme ivre et à ce patient non vacciné. Envisagez ne serait-ce qu’un instant la possibilité qu’il n’y ait aucune différence entre ces deux individus. Réfléchissez. Mais pas trop longtemps, car on dirait bien qu’en démocratie, l’homme est son propre cancer : il s’installe, il envahit, il tue.

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