Les partis francophones laissent tomber les jeunes. Nous ne pouvons l'accepter

Lettre ouverte des directeurs de Centres PMS au Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles (voir ci-dessous)

Contribution externe
Dinant - Notre Dame de Dinant. Site Bellevue (enseignement general) - Rencontre avec directeur, enseignants et eleves qui participent à l'action de l'ASBL EducIT (ordinateurs portables pour les eleves et formation des enseignant aux outils numeriques) en presence de Pierre-Yves Jeholet (MR), ministre-president de la FWB. (JC Guillaume)
©JC Guillaume

"Honteux", "dramatique", "inacceptable pour les élèves et les équipes", "irrespectueux", "décourageant", "frustrant"…

Telles sont les premières réactions des directeurs de Centres PMS lorsqu’ils apprennent, pour la plupart par la presse ou par les réseaux sociaux, la décision du gouvernement de la FWB de ne pas prolonger les contrats des renforts après la date du 30 novembre 2022.

Depuis la crise covid, et alors que d’autres crises se succèdent, la presse relaie chaque jour le mal-être des Belges. Les services de l’Aide à la Jeunesse sont dans l’incapacité de faire face à l’augmentation des dossiers à traiter, les parquets sont débordés et souvent sans solution, les CPAS n’arrivent pas à suivre le nombre de dossiers, les services de santé mentale pour adolescents ne savent plus prendre en charge les urgences avant des mois…

Face à ces services surchargés, les jeunes désemparés, voire en danger, frappent à la porte des Centres PMS qui croulent sous les demandes.

Dans ces conditions, il ne faut pas s’étonner que les indicateurs de l’enseignement (taux de réussite aux épreuves externes, absentéisme, nombre de secondes sessions) n’aient jamais été aussi inquiétants.

En ce qui concerne les CPMS, force est de constater que vous, Ministres de la Fédération Wallonie-Bruxelles, vous, Mesdames Désir, Glatigny et Linard, vous, Messieurs Jeholet et Daerden, avez décidé de laisser tomber les jeunes en ne renouvelant pas les contrats de 15 % du personnel psycho-médico-social.

Rappelons que nous sommes le seul service public accessible gratuitement à tous les élèves.

Certes, nous nous réjouissons d’apprendre que les jeunes occuperont des locaux correctement chauffés cet hiver et que les élèves les plus précarisés bénéficieront d’un repas par jour.

Mais pensez-vous qu’un jeune qui n’est pas bien dans sa peau ou qui subit des violences parviendra à suivre sa scolarité correctement ?

Chers Ministres, n’auriez-vous pas oublié une priorité ?

Vous allez nous rétorquer que les caisses sont vides, qu’il n’y avait plus d’argent pour de nouveaux projets…

Ces dernières semaines, des représentants des directeurs des CPMS ont rencontré différents membres de vos Cabinets ainsi que de vos partis respectifs. Tous se sont étonnés de la situation du terrain, de l’ampleur de la détresse des jeunes, des demandes auxquelles les CPMS sont confrontées. Notre requête de refinancement structurel en vue de renforcer nos équipes leur a semblé légitime : notre cadre de fonctionnement de base n’a pas bougé depuis 1960 alors que les besoins des jeunes ont évolué. Ces interlocuteurs ne nous ont pas promis de trouver une manne financière providentielle. Ils envisageaient des glissements d’enveloppes, une réflexion sur les priorités…

Lors du conclave budgétaire, vous avez pris les décisions les plus simples, qui demandaient le moins d’énergie (sans mauvais jeu de mots). Et vous n’avez pas décidé de renforcer le personnel des centres PMS.

Votre manque de clairvoyance quant à la situation actuelle de nos jeunes nous inquiète et nous révolte !

Non seulement, des projets pour l’année scolaire sont stoppés brutalement mais nous ressentons aussi une absence de considération pour notre travail mené au profit des jeunes.

Nos équipes, déforcées, garderont-elles le cap ? Nous ne pouvons plus le garantir !

Nos élèves trouveront-ils sur leur chemin un professionnel pour les accompagner en cas de détresse ? Nous n’en savons rien. Est-ce vraiment cela que vous voulez ?

Nous, directeurs de Centres PMS, ne pouvons pas accepter d’abandonner les jeunes ! Il est de votre devoir de femmes et d’hommes politiques de trouver les moyens pour les aider.

Nous vous avons élus pour ouvrir des portes et pas pour en fermer !

C’est à vous de trouver des solutions !

Liste des signataires

I.Moreau, S.Acquisto, S.André, M.Chenot, S.Conti, V.Lekien, E.Marlair, Ch. Mussolin, N.Lejeune + S.Verrekt, L.Ferrarin, V.Dethier, L.Moortgat, K.Modolo, L.Soyez, S.Christiaens, C.Magerotte, C.Digregorio, M.Leterme, S-C.Cornelis, M.Rouard, L.Kesteloot, D.Parthoens, L.Gobbo, M.Lucke, P.Monneau, C.Dessoy, A.Thomas, M.Delvoye, L.De Luca, T.Garot, F.Michel, L.Chantraine, L.Peiffer, F.Dawir, C.Bertholet, F.Caucheteux, M-L.Cardon, S.Martin, V.Dreze, B.Michel, C.Legrand, A.Moulu, D.Crauwels, A.Balfroid, S.Duchesne, B.Desmet, T.Scanga, E.Simaz, I.Deleuze, M.Chaboteaux, M.Hermant, S.Lafontaine, M.Van Dorpe, D.Blaise, V.Materne, M-F.Bauduin, C.Bechet, M-F.Boileau, V.Sol, C.Bervoets, M.Calus, D.Raevens, A.Discart, T.Genard, L.Bruges, L.Nys, R.Furgiuele, S.Henneau, C.Demil, S.Sépulcre, G.Dutry, J.Sinapi, L.Duray, C.Berthot, M.Calande, G.De Cock, A.Zamanis, …

Avec le soutien d’énormément d’agents et de certains pouvoirs organisateurs.